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Québec pressé de revoir son programme d'hébergement en CHSLD

Vivre en centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) coûte de plus en plus cher : jusqu'à 1860 $ par mois dans le réseau public québécois pour une chambre individuelle. Or, les résidents sont moins nombreux à obtenir l'aide de l'État quand vient le temps de payer.

Un texte d'Olivier Lemieux

« Ça ne marche pas. On arrive dans un mur! », tonne la présidente de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Judith Gagnon.

Depuis des années, elle réclame une mise à jour complète du programme d'exonération pour l'hébergement en CHSLD, encore encadré par certaines dispositions du Règlement sur l’aide sociale, qui date de 1983.

En 2016, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette promettait d’agir, mais les changements se font toujours attendre.

Selon des chiffres obtenus par Radio-Canada, le nombre d’usagers en CHSLD profitant du soutien de l’État est passé de 16 000 en 2008 à moins de 12 000 au début de 2018, une baisse de près de 30 %.

Le président du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet, ne croit pas que la baisse du nombre de subventions soit liée à l’amélioration de la situation financière de nos aînés.

« Il n’y a pas de statistiques canadiennes ou québécoises qui démontrent que nos personnes âgées sont plus riches qu’avant. C’est plutôt le contraire », dénonce-t-il.

Des critères dépassés

Paul Brunet montre du doigt les faibles seuils d’exemption prévus au programme d'exonération. Lors de l’évaluation d’une demande d’aide, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) comptabilise les revenus, les biens et l’épargne de la personne hébergée ou de son conjoint.

Le calcul prévoit notamment une exemption de base de 2500 $ pour les avoirs liquides et de 40 000 $ pour une maison. Au-delà de ces seuils, qui n’ont pas été indexés depuis plusieurs dizaines d’années, le patrimoine du demandeur a un impact sur sa capacité à contribuer à son hébergement aux yeux de la RAMQ.

Selon Paul Brunet, plusieurs aînés se voient refuser une contribution réduite et doivent liquider leurs avoirs afin de payer leur hébergement ou celui d'un proche.

« C’est incompréhensible, déplore-t-il. Si vous voyiez les drames que des couples vivent. Les gens sont obligés de vendre la maison et la voiture pour payer le CHSLD. »

À l’heure actuelle, plus de 27 000 personnes paient la contribution maximale permise par le gouvernement sur environ 40 000 personnes hébergées dans le réseau public.

Un dossier qui traîne

Déjà en 2013, le Protecteur du citoyen dénonçait dans un mémoire le règlement qui encadre la contribution des usagers en CHSLD.

« L’approche en place ne tient pas suffisamment compte des aspects humains relatifs à l’hébergement en CHSLD », écrivait-il.

Il réclamait même au ministre de la Santé et des Services sociaux « un état de situation sur la planification et l’échéancier des travaux concernant la révision du Règlement d’application. »

Une porte-parole au ministère de la Santé nous a confirmé que le dossier demeure sous « analyse ».

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