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Québec se dit incapable de répondre aux demandes des enseignants

Le ministre de l'Éducation, François Blais, estime que les demandes salariales présentées par les enseignants - des augmentations de 13,5 % étalés sur trois ans - sont « beaucoup trop importantes ».

Le gouvernement veut imposer à l'ensemble des employés de l'État un gel salarial de deux ans, suivi de trois années comportant des augmentations de 1 %.

Philippe Couillard veut sortir du « prisme syndical »

Le premier ministre Philippe Couillard affirme que, contrairement à d'autres partis politiques qui ont gouverné à Québec, « nous, on n'a pas réduit le budget de l'éducation, on a un faible taux d'augmentation et on veut continuer à l'augmenter l'an prochain ».

Ce raisonnement du premier ministre Couillard, selon lequel les questions salariales ne sont pas forcément liées à la qualité des services dispensés dans les écoles, va à l'opposé de ce que disent les enseignants et leur syndicat.

Ainsi, jugent-ils les dernières offres déposées par le gouvernement « méprisantes » et qu'elles constituent un recul de leurs conditions de travail et une atteinte à la qualité de l'enseignement offert aux élèves.

« L'obsession de l'austérité »

« Ces offres sont inacceptables », ajoute un enseignant en sciences, René Naud. « Il n'y a pas une profession où on peut demander d'augmenter la tâche de travail et en même temps demander une baisse de salaire. »

Le gouvernement a négocié des augmentations plus élevées, que celles que demandent les enseignants, pour les pharmaciens et les médecins spécialistes ou généralistes, avance le président de la FAE, Sylvain Mallette. « Les enseignants - à qui l'on confie les élèves, à qui on demande de former les élèves [...] - ça, ce serait moins important? »

M. Naud estime que le soutien des parents constitue une preuve que la lutte des enseignants ne concerne pas seulement les conditions de travail des professeurs. Il ajoute que les parents sont à même de constater la diminution des services offerts aux élèves.

Les enseignants dénoncent également la diminution des services aux élèves.

« Au niveau des conditions d'apprentissage, on veut augmenter le nombre d'élèves dans les classes, on ne veut pas tenir compte des besoins des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, déplore Mme Renaud. Les enseignants auront moins de temps à consacrer à chacun des élèves pour répondre aux élèves. »

Le son de cloche du ministre Blais

« Il y a en ce moment de la désinformation sur deux éléments importants, soit sur la charge de travail [des enseignants] et les classes spécialisées », affirme le ministre Blais.

Les professeurs sont rémunérés sur une base de 40 heures de travail par semaine, selon M. Blais. Les professeurs prétendent de leur côté que leur contrat de travail prévoit une tâche de 32 heures par semaine et que le gouvernement exige de la faire passer à 35, voire à 40 heures par semaine.

« Nous avons les documents, les ententes qui ont été signées - en équité salariale et en assurance-emploi - qui montrent bien qu'ils ont une rémunération sur 40 heures par semaine.

« Nous ne voulons pas augmenter leur tâche de travail, précise-t-il. Ce qui est en jeu, c'est de stabiliser les heures passées à l'école. »

« Nous ne voulons pas non plus mettre fin aux classes spécialisées », poursuit M. Blais. « C'est une idée qui circule en ce moment, qui est ridicule. Il y a un enjeu de continuer, au Québec, - on est en retard là-dessus - de continuer quand c'est possible - bien appuyé par des professionnels - de maintenir l'intégration dans les classes [régulières]. »

Abolition de classes spécialisées

Le porte-parole de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale en matière d'Éducation, Alexandre Cloutier, contredit le ministre sur l'abolition de classes spécialisées pour les élèves en difficulté d'apprentissage et handicapés.

Le député du Parti québécois (PQ) déplore que le gouvernement continue de prétendre que les compressions en Éducation ne touchent pas les services aux élèves alors que des centaines de postes de professionnels ont été abolis. « Les postes de professionnels sont supprimés, au moment où on se parle, par centaines et leur responsabilité était d'accompagner les élèves en difficultés. »

M. Cloutier reproche également au ministre Blais d'avoir prétendu que seulement quelques commissions scolaires mal gérées abolissaient des postes de professionnels. « C'est la quasi-totalité des commissions scolaires qui ont supprimé des postes de professionnels », poursuit-il. Brandissant le rapport de la firme Grant Thornton qui blâmait la CSDM pour sa mauvaise gestion, M. Cloutier souligne que le fameux rapport propose lui-même l'abolition de sept postes de professionnels de l'éducation.

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