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Québec solidaire propose le transport en commun à moitié prix

Le transport collectif à moitié prix, partout dans la province : voilà ce qu'a proposé dimanche le parti Québec solidaire (QS), en marge de son conseil général organisé à Sainte-Foy. L'événement, tenu sur deux jours, a également été l'occasion d'un inhabituel débat à huis clos sur la répartition des éventuels pouvoirs entre les co-porte-parole Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.

Un texte de Hugo Prévost

La possible réduction des prix du billet de métro, de train et d'autobus a été annoncée dans le cadre du discours de clôture de M. Nadeau-Dubois, qui a précisé que ce geste n'était que la première étape du plan de la formation politique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, combattre la congestion automobile et faciliter l'accès au transport collectif.

Advenant l'élection d'un gouvernement solidaire le 1er octobre prochain, Québec commencerait donc par abaisser de 50 % les différents tarifs du transport collectif, mais, à terme, on ne viserait rien de moins que la gratuité.

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, des villes d'un peu partout dans le monde ont déjà agi de la sorte. Il a également donné l'exemple de Sherbrooke, où l'autobus est gratuit pour les élèves et les étudiants.

Selon ce dernier, les options alternatives à l'automobile doivent être « agréables, faciles et abordables ».

Séparer discrètement les pouvoirs

Toujours dans la perspective d'une éventuelle victoire de QS aux élections générales du 1er octobre, les 200 militants rassemblés à Sainte-Foy ont débattu derrière des portes closes pour établir la répartition des tâches entre les députés de Ville-Marie et de Gouin.

Tous les partis ont l'habitude de tenir des débats à huis clos, particulièrement lorsqu'il est question de la répartition des pouvoirs entre les différents dirigeants. Pour Québec solidaire, toutefois, le geste est inhabituel.

Le débat en question, tenu dimanche, survient au lendemain de la désignation de la députée et co-porte-parole Manon Massé comme éventuelle première ministre, advenant une victoire de Québec solidaire aux prochaines élections générales.

Dans le cadre d'un vote qui tenait principalement de la procédure, le choix de Mme Massé a obtenu l'aval de 98 % des membres présents.

En vertu de la proposition soumise à débat, dimanche matin, si elle devenait première ministre, Manon Massé s'occuperait de l'exécutif, soit de l'action gouvernementale, tandis que le député et autre co-porte-parole Gabriel Nadeau Dubois, de son côté candidat au poste de vice-premier ministre, hériterait des dossiers législatifs.

Le huis clos est-il vraiment nécessaire, alors que le parti tient habituellement ses conciliabules en public? « De débattre stratégie, c'est quelque chose que nous devons faire entre nous », estime Manon Massé.

« Sinon, ça peut nous coincer, nous piéger. Le débat en soi est sain, et nous le suscitons et le souhaitons chez Québec solidaire. Une fois que l'ensemble des solidaires auront tranché, nous pourrons aller de l'avant », ajoute celle qui parle d'une « maturité politique » gagnée par le parti.

« Créer la surprise »

Chez Québec solidaire, on semble bien conscient qu'avec 10 % d'intentions de vote dans les récents sondages, les probabilités de prendre le pouvoir en octobre sont minces. Aux yeux de Gabriel Nadeau-Dubois, toutefois, il est certainement possible de « créer la surprise » en augmentant le nombre de députés solidaires sur les bancs de l'Assemblée nationale.

Le co-porte-parole l'a d'ailleurs dit lui-même : une progression d'un député par élection « n'est pas suffisante ». Pour augmenter les gains électoraux, QS cherchera donc à « sortir de Montréal », en visant certaines circonscriptions situées à l'extérieur des frontières de la métropole.

Sans se donner d'objectifs précis, M. Nadeau-Dubois évoque plusieurs circonscriptions « prenables » pour Québec solidaire : Taschereau, Sherbrooke, Rosemont, Laurier-Dorion, ou encore Rouyn-Noranda-Témiscamingue.

Pragmatisme environnemental

Par ailleurs, les participants au conseil national ont voté, par une majorité des deux tiers, pour abaisser les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en cas de victoire du parti.

Si Québec solidaire prônait jusqu'à maintenant un objectif de réduction de 67 % des GES d'ici 2030, la parution d'un rapport d'expert indiquant que cette cible était irréaliste a pu aider à favoriser la diminution des ambitions vertes de la formation.

La cible a maintenant été ramenée à 45 % d'émissions de GES en moins d'ici 2030.

Avec les informations de Sébastien Bovet

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