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Québec solidaire veut un débat sur l'utilisation des surplus budgétaires

À la veille de la rentrée parlementaire, Québec solidaire (QS) réclame un « débat large » sur l'utilisation des surplus budgétaires et promet de garder un « oeil attentif » sur l'économie au cours de la prochaine année.

Si le premier ministre libéral Philippe Couillard a promis après le remaniement ministériel de janvier que le Québec voguerait vers « des eaux plus tranquilles », il doit maintenant démontrer de quelle façon il compte s'y prendre, soutient Québec solidaire.

Pour l'instant, « il continue de couper dans les services publics », a dénoncé lundi la co-porte-parole du parti, Françoise David. Elle veut maintenant savoir qui tranchera sur la façon dont les surplus budgétaires seront dépensés. « Il nous dit qu'il va réinvestir dans les services publics dans le prochain budget. Qui va décider de ça? Est-ce que le premier ministre va décider seul ou avec un petit groupe de privilégiés? » questionne-t-elle.

QS s'inquiète notamment de ce que le parti appelle la « taxe famille », soit la modulation des tarifs de garderie selon les revenus entrée en vigueur en janvier. « Pourquoi couper 120 millions dans les Centres pour la petite enfance quand on sait que les parents vont fournir 170 millions d'argent neuf ? » insiste Mme David.

Pas de rapprochement en vue avec le PQ

Par ailleurs, QS aura à se pencher au cours des prochains mois sur le mouvement de convergence des partis indépendantistes lancé par le Parti québécois (PQ) à l'automne. C'est la députée Véronique Hivon qui est responsable du processus.

Pour l'heure, cependant, Québec solidaire préfère « mettre ses oeufs dans le panier de la société civile », a répliqué le président du parti, Andrés Fontecilla.

Malgré les nombreux échanges qu'il y a eu avec Mme Hivon, le constat est « qu'il y a beaucoup de divergences, et des deux côtés », a-t-on admis, particulièrement avec Pierre Karl Péladeau à la tête du PQ.

Le co-porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir l'accuse notamment de ne pas avoir remis en question les politiques d'austérité des libéraux et d'avoir utilisé des paradis fiscaux avec Québecor, alors que son parti a toujours fait de cet enjeu l'une de ses priorités.

« Ses compagnies, lors de sa direction, ont voulu éviter de payer de l'impôt au Québec, ont créé des sociétés-écrans au Delaware et ailleurs pour échapper à l'impôt, l'impôt que moi et vous nous faisons un devoir de payer », souligne-t-il. 

L'adhésion de QS à ce mouvement de convergence n'est pas prévue au programme du congrès sur les orientations du parti, qui se déroulera en mai. Il y sera toutefois question de l'assemblée constituante que veut former QS pour accéder à la souveraineté, a précisé M. Fontecilla.

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