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Québec veut en finir avec les petits paquets de cigarettes qui charment les jeunes

S'il n'en tient qu'au gouvernement libéral de Philippe Couillard, les paquets de cigarettes petits et stylisés, souvent les plus populaires auprès des jeunes, ne pourront plus être vendus au Québec.

Un texte de Julie Dufresne

Dans de nouveaux amendements qu'elle a déposés pour bonifier son projet de loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois a rendu publique sa proposition de paquet de cigarettes avec superficie minimale de la mise en garde.

Essentiellement, 75 % de la surface du plus gros paquet de 20 cigarettes devra être réservé à la mise en garde. C'est le tiers de plus qu'actuellement. La ministre veut aussi que la superficie minimale, 4648mm carrés, fasse en sorte qu'il soit tout simplement désormais illégal de fabriquer et vendre des petits paquets: l'écriture y serait illisible.

« Les paquets ne pourront plus être plus petits que ça étant donné la mise en garde, a dit Lucie Charlebois en exhibant un paquet à peine plus grand que la paume de sa main.

L'exemple australien mis de l'avant par le PQ

L'opposition officielle reproche toutefois à la ministre de ne pas aller assez loin. Le critique et député péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée, ne comprend pas pourquoi Québec refuse d'imiter l'Australie en imposant le paquet neutre, sur lequel même la marque de commerce du produit est discrète.

« J'ai senti qu'il y avait une réticence de la ministre sur le fait qu'on serait exposé à des poursuites juridiques, parce qu'on sait que c'est la grande tactique des cigarettiers d'intimider les gouvernements par des menaces constantes de poursuites juridiques, a-t-il souligné. Mais il y a d'autres législations, ailleurs dans le G7, qui ne se sont pas laissé intimider. »

« Je ne peux pas laisser le député de Rosemont dire toutes sortes d'affaires, a répliqué la ministre, visiblement outrée. Je ne suis pas le type de personne qui se laisse intimider, par qui que ce soit, ou quoi que ce soit. Je ne suis pas intimidée par les poursuites, je sais que mon projet de loi est robuste. Il est tellement bon que plusieurs provinces vont nous imiter. Je vais plus loin que l'Ontario que vous avez saluée! »

Cigarette électronique

Mercredi, la commission parlementaire a aussi entendu le directeur national de la Santé publique. Horacio Arruda a expliqué la difficulté d'établir le niveau de dangerosité de la cigarette électronique et les normes pour l'encadrer.

« C'est un phénomène émergeant, a-t-il dit. L'attitude qu'on a prise au Québec,  c'est d'encadrer son usage, ne pas le rendre accessible aux mineurs sans l'interdire complètement. (...) Certaines personnes semblent en bénéficier. En théorie, la cigarette électronique semble moins dangereuse, mais on n'est pas encore arrivés à mon avis à une cigarette électronique qui soit un instrument thérapeutique ou d'abandon du tabac, comme les « patches », par exemple.

L'étude détaillée du projet de loi se poursuit jeudi.

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