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Québec vient en aide aux PME de l'aluminium et de l'acier

Le gouvernement du Québec débloque « un premier montant » de 100 millions de dollars pour venir en aide aux plus petites entreprises des secteurs de l'aluminium et de l'acier touchées par l'imposition de droits tarifaires que l'administration américaine de Donald Trump a décrétée.

« On va être là pour répondre aux besoins des entreprises », a promis Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, lundi, à Montréal, après avoir rencontré différents joueurs de l’industrie. Elle était en compagnie du négociateur pour le Québec dans ce dossier, Raymond Chrétien.

« Ce n’est qu’un premier montant, a-t-elle insisté. On l’a estimé aux alentours de 100 millions de dollars. » Cette somme devrait répondre aux besoins pendant « quelques mois », a-t-elle dit.

Mme Anglade, qui est également vice-première ministre, a précisé que le gouvernement resterait en contact avec l'industrie pour s'assurer que les besoins sont bien comblés.

Le président de l'Association de l'aluminium du Canada (AAC), Jean Simard, a qualifié la mesure de « bonne nouvelle »

Le Canada, le Mexique et l'Europe ne seront plus exemptés des droits d'importation de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium, a annoncé récemment le gouvernement américain. L'industrie a crié à l'injustice et Ottawa a répliqué en imposant des surtaxes sur des importations d'acier, d'aluminium et d'autres produits des États-Unis pouvant atteindre 16,6 milliards de dollars à compter du 1er juillet, mais aussi en s'adressant à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Contrairement aux producteurs primaires comme Rio Tinto, Alcoa et Aluminerie Alouette – qui exploitent neuf alumineries au Québec –, les plus petits transformateurs n'ont pas tous les reins suffisamment solides pour absorber le tarif de 10 %.

L'expérience du bois d'oeuvre

La mesure annoncée lundi a pu être mise sur pied à partir du programme Essor, grâce auquel le gouvernement avait proposé de l'aide à l'industrie du bois d'oeuvre. Cette dernière a été au coeur de plusieurs litiges avec les États-Unis au fil des ans.

Québec s'est ainsi appuyé sur une expérience durement acquise.

« Dans le domaine de l’acier et de l’aluminium, c’est une première », a cependant souligné Mme Anglade. Ce nouveau litige « est complexe parce que l’aluminium traverse la frontière plusieurs fois, l’acier traverse la frontière plusieurs fois, et donc, les tarifs peuvent être imposés une fois, deux fois, trois fois… Il y a beaucoup d’éléments qui sont rattachés à ça et même les entreprises elles-mêmes ne comprennent pas toutes les ramifications. »

Alors que dans l'interminable conflit du bois d'oeuvre, les entreprises américaines avaient surtout refilé la facture aux consommateurs américains, dans le cas présent, elles ont signifié leur refus de faire de même.

« On ne va pas attendre, parce qu’on sait déjà que nos entreprises sont touchées, a souligné Mme Anglade. Il y en a certaines qui ont déjà été touchées dès la semaine dernière, avec des contrats qui ont été annulés du côté des Américains. »

La ministre a dit espérer qu'Ottawa viendra aussi en aide aux PME de l'acier et de l'aluminium : « Il est clair qu’on veut toujours que le fédéral soit à la table. »

Le gouvernement de Justin Trudeau a indiqué la semaine dernière qu'il analyserait les effets de cette nouvelle dispute commerciale pour déterminer la forme d'aide pour laquelle il opterait.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, de 2016 à 2017, les exportations québécoises d'aluminium ont bondi de 27 % pour s'établir à 6,1 milliards de dollars, un sommet en près de 10 ans.

Un ancien ambassadeur inquiet

Raymond Chrétien, ancien ambassadeur canadien à Washington, n'a pas caché qu'il trouve préoccupant de voir les relations entre les États-Unis et le Canada se détériorer comme elles le font.

M. Chrétien, qui doit se rendre à Washington la semaine prochaine, a évoqué les tweets virulents que le président américain Donald Trump a publiés en marge du Sommet du G7 de La Malbaie au sujet de Justin Trudeau.

« Aussi, ce qui m’inquiète, c’est un petit peu la relation personnelle entre notre premier ministre et M. Trump, a admis le neveu de l'ancien premier ministre Jean Chrétien. Je veux dire, M. Trump a carrément insulté notre premier ministre! J’espère simplement que cette bonne relation qui a existé jusqu’à maintenant puisse être rétablie. »

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