Une chose est acquise, le Bloc québécois a tourné la page sur l'ère Martine Ouellet. Même si la cheffe est partie de la pire façon possible, en réglant ses comptes en public et en adoptant, dans les faits, l'attitude de l'« après moi, le déluge ».

Une analyse de Michel C. Auger, animateur de Midi info

Désormais, Mme Ouellet n’est plus là et le Bloc a donc la chance de se reconstruire. À la condition de ne pas retomber dans la fuite en avant qui l’a caractérisé depuis la « vague orange » et la défaite historique du Bloc de 2011.

Mais le Bloc n’a pas son propre sort entre ses mains. Son avenir est nécessairement lié au résultat qu’obtiendra le Parti québécois lors de l’élection du 1er octobre prochain.

Pour le Bloc, il y aurait une énorme différence entre le PQ qui obtient moins de 20 % des voix et seulement une dizaine de députés – donc, de ne pas avoir le statut de parti reconnu à l’Assemblée nationale – et quelque chose comme 28 % des voix et une trentaine de députés, comme il avait fait en 2007, quand le PQ fut, certes, le troisième parti, mais avec toutes les possibilités de rebondir. Actuellement, les sondages permettent d’envisager ces deux possibilités.

Si le PQ devait se retrouver mal en point au lendemain des élections, il y a fort à parier que le mouvement souverainiste décidera que, pour sa propre survie, il sera préférable de reconstruire à Québec, là où l’indépendance pourrait se faire, plutôt qu’à Ottawa, qui sera toujours un second front.

Mais si le PQ pouvait profiter d’une embellie, la conjoncture ne serait pas si mauvaise pour les candidats du Bloc québécois.

Lune de miel terminée

La lune de miel des Québécois avec le gouvernement Trudeau est terminée. Un sondage Léger diffusé en mai disait que 56 % des Québécois étaient insatisfaits du gouvernement par rapport à 38 % de personnes sondées qui se disaient satisfaites. Ils sont les électeurs les moins satisfaits au Canada après ceux de l’Alberta, ex aequo avec ceux des provinces des Prairies.

Pendant ce temps, sous la conduite de Jagmeet Singh, le NPD a du mal à s’imposer, pas tant pour des questions de couvre-chef, que parce que le chef semble avoir bien du mal à trouver un message rassembleur.

Quant aux conservateurs, ils n’ont rien trouvé de mieux, la semaine dernière, que de ressusciter le pipeline Énergie Est et de blâmer Justin Trudeau pour les sanctions commerciales de Donald Trump.

Un espace

Bref, il y a très certainement un espace pour un parti qui se réclamerait seulement du Québec et des positions défendues par son gouvernement. Mais pour cela, il faut un parti qui a d’autres priorités que de faire l’indépendance depuis le Parlement fédéral – position pour laquelle la majorité des membres du Bloc ont quand même voté lors du référendum ordonné par Martine Ouellet.

Toutefois, il faudrait que le Bloc accepte de se pencher sur sa propre pertinence. Trop longtemps, même avant la débâcle de 2011, les bloquistes se sont contentés d’occuper des sièges en offrant pour seule justification qu’ils seraient autrement la propriété de partis fédéralistes.

Ces dernières années, le parti est plutôt devenu le repaire de ceux qui trouvaient que le PQ n’était pas suffisamment souverainiste. Dans les deux cas, ce n’était pas ce que recherchait l’électorat québécois, comme l’ont démontré les résultats électoraux depuis 2011.

Mais, pour cela, il faudra réinventer le Bloc. Après tout, pour les électeurs, un parti qui ne peut pas former le gouvernement a un test de pertinence beaucoup plus élevé que les autres.

Le Bloc pourrait-il réussir cet exploit dans l’année et un peu plus qui le sépare de la prochaine élection fédérale? Une partie de la réponse viendra le 1er octobre prochain. Mais seulement une partie...

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