Le Parti québécois s'est livré cette semaine à un effort d'introspection pour tenter de comprendre pourquoi les jeunes lui tournent le dos. L'exercice propose à la fois de revoir les structures et les façons de faire du parti, tout en recentrant l'argumentaire souverainiste autour d'enjeux actuels comme la mondialisation et les changements climatiques.

Comment le PQ réalisera-t-il ce virage? Le chef Jean-François Lisée et son conseiller spécial Paul Saint-Pierre Plamondon ont accepté de répondre aux questions d'Emmanuelle Latraverse, animatrice de l'émission Les coulisses du pouvoir.

Q : M. Saint-Pierre Plamondon, après avoir sillonné le Québec, le Parti québécois de demain qui doit être proche des jeunes, ouvert aux allophones, aux immigrants, à quoi ressemble-t-il?

R : Il ressemble à un parti qui peut dire « nous sommes le reflet de tous les Québécois » et cette fierté québécoise est contagieuse et ça nous amène à être entreprenarial et à saisir le monde. On parle souvent d'ouverture sur le monde, c'est l'argument qu'utilisent les libéraux, à l'échelle fédérale comme provinciale, pour dire qu'il ne faut pas parler au PQ parce que nous on est ouverts sur le monde et pas eux. Le PQ de demain sera LE parti de l'ouverture sur le monde en disant qu'on va avoir notre image de marque, notre stratégie, on va rayonner partout à travers le monde.

Q : M. Lisée ce n'est pas la première fois que le PQ fait l'exercice de consulter et d'essayer de comprendre pourquoi les jeunes sont moins intéressés par le mouvement souverainiste, pourquoi ils ont tourné le dos au PQ. Qu'est-ce que vous avez appris de nouveau là-dedans que vous ne saviez pas déjà?

R: J'ai appris qu'il y a en ce moment 13 000 jeunes membres au Parti québécois, c'est 30% qu'il y a 15 ans. C'est trois fois plus de membres jeunes qu'au Parti libéral et 13 000 c'est plus que la totalité des membres de la CAQ et de Québec solidaire. On est le parti le mieux connecté sur les jeunes, mais on est tellement connectés aux baby-boomers parce qu'on a 90 000 membres, que relativement à l'intérieur du parti ils n'ont pas une place aussi forte.

Q : Paul Saint-Pierre Plamondon, quelle est la chose qui doit changer au Parti québécois? Parce que vous avez quand même 108 recommandations!

R : Il faut complètement réinventer l'implication politique. Les structures traditionnelles des partis politiques, en forme de pyramide, où on s'attend à ce que la personne soit là aux réunions toutes les deux semaines puis qu'ensuite se suivent les autres comités régionaux, etc., c'est parfait sur plan démocratique, mais c'est très rigide. Alors on veut complètement réinventer le tout pour que ce soit le fun, spontané, dynamique et très créatif, quitte à ce que ce soit plus chaotique.

Q : Et vous M. Lisée, vous êtes prêt à ça?

R : C'est le grand défi! Je sais que des présidents d'exécutifs vous entendre et se dire « on a déjà nos structures, on a nos façons de faire, c'est démocratique ». Alors comment peut-on répondre aux besoins des moins de 40 ans d'avoir une structure plus décontractée, plus relaxe, plus spontanée avec un parti qui a des façons de décider démocratiquement à la majorité ses positions? Paul et son groupe sont venus avec une idée, et si on faisait un « off-congrès »? Une semaine ou deux avant le congrès de septembre, des idées vont sortir de là, comme le faisaient les orphelins politiques, et ensuite ce sera au congrès de voir si démocratiquement vont intégrer ou non certaines de ces propositions.

Q : Comme chef, qu'est-ce que vous dîtes aux membres plus âgés qui auraient peur de se faire tasser? Ils forment quand même 68% des membres du PQ.

R : Ils ont de l'énergie, ils ont du talent et ils forment l'essentiel des troupes péquistes et doivent rester. On peut être membre d'un exécutif du PQ de 16 à 116 ans et ce que Paul propose, c'est qu'en haut de 70 ans de devenir mentor, faire la transition, mais rester! Il n'y a pas d'exclusion, mais assurez-vous que pour chacun de plus de 70 ans, il y en ait un de moins de 40 et comme ça on va rouler de génération en génération. Le parti représente déjà trois générations. Moi j'ai rencontré René Lévesque quand j'étais étudiant au Cégep et on a accueilli Catherine Fournier qui a 24 ans.

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