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Quelle est la valeur des signatures de l'accord de Paris sur le climat?

Les 175 pays qui ont signé l'accord de Paris sur le climat vendredi prennent leur engagement au sérieux, croit la ministre de l'Environnement du Canada, Catherine McKenna. L'accord n'entrera en vigueur que lorsqu'au moins 55 pays émettant 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre l'auront ratifié.

Un texte de Mylène Crête

« Les pays ne veulent pas être délinquants, dit Catherine McKenna dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir enregistrée au siège de l'ONU à New York. Je ne pense pas qu'ils sont ici pour signer pour rien. Ils sont ici pour signer parce qu'ils veulent s'attaquer aux changements climatiques. »

Le premier ministre Justin Trudeau a déjà indiqué que cet accord sera déposé à la Chambre des communes en mai pour qu'il soit ratifié l'automne prochain. Même si le Canada officialisera ainsi son engagement envers la réduction des gaz à effet de serre, il est toujours à la recherche d'un terrain d'entente avec les provinces pour un plan national de lutte contre les changements climatiques.

Une étude du Directeur parlementaire du budget publiée jeudi constate que des mesures additionnelles devront être adoptées pour atteindre la cible plancher de 30 % de réduction des GES sous les niveaux de 2005 d'ici 2030. Celles mises de l'avant par le Québec, la Colombie-Britannique, le Manitoba et l'Alberta sont insuffisantes.

« Le Canada n'a rien fait au cours des dix dernières années et c'est pour ça que nos émissions n'ont pas été réduites, remarque Catherine McKenna en faisant référence à l'inaction du gouvernement de Stephen Harper. Si on n'avait fait nos devoirs, on serait dans une position différente. C'est certain. »

La ministre a bon espoir que son gouvernement et ceux des provinces arriveront à s'entendre d'ici l'automne sur un plan national de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui permettra d'atteindre cette cible.

Et les pipelines?

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, invitée par Justin Trudeau à une retraite fermée de son cabinet dans les Rocheuses dimanche, tentera de le convaincre que la construction de nouveaux oléoducs et la réduction des gaz à effet de serre vont de pair.

« Nous avons toujours dit que l'environnement et l'économie vont ensemble, mais il faut absolument réduire nos émissions, explique Catherine McKenna. Nous cherchons toutes les solutions. Nous n'allons pas tout changer d'un coup, mais c'est la direction où on va. »

L'une de ces solutions est la tarification du carbone qui permettrait, selon la ministre, de développer les ressources énergétiques en faisant payer les entreprises polluantes. Une façon de stimuler l'innovation pour le développement de technologies propres.

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