Le député Vic Fedeli est maintenant chef intérimaire du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario et le parti tiendra une course à la direction qui culminera à la fin mars, peu de temps avant le déclenchement des élections générales.

Une analyse de Julie-Anne Lamoureux

Ça devait pourtant être une semaine calme à Queen’s Park. Fin janvier, les couloirs du palais rose sont habituellement déserts...

La donne vient de changer de façon radicale et les paris sont ouverts. Qui en ressortira gagnant?

Les conservateurs qui bénéficieront d’une couverture médiatique accrue avec une course qui pourrait s’annoncer enlevante si plusieurs candidats vedettes y participent? Ou les libéraux et les néo-démocrates qui devront réviser leur stratégie électorale et faire face à un adversaire dont ils ne connaissent peut-être même pas les forces et les faiblesses?

Tous les partis ont tout à gagner et tout à perdre dans des élections printanières qui s’annonçait déjà des plus passionnantes avant les revirements de cette semaine. On vient de passer à un autre niveau. Et personne ne peut prévoir comment le jeu se déroulera.

Les conservateurs devront certes s’organiser rapidement. Oui, la dernière course au leadership n’est pas lointaine. Patrick Brown avait été choisi en 2014-2015. Les conservateurs pourront bénéficier d’une certaine logistique déjà en place. Mais il reste qu’une course à la direction alimente les conflits entre factions, crée des divisions et du ressentiment entre les différents clans. Ça prend de l’énergie et de l’argent. Ce n’est pas idéal, à 50 jours du déclenchement d’élections.

Auront-ils le temps de faire connaître leur nouveau chef? Les derniers jours nous ont montré que bien des gens ne connaissaient pas Patrick Brown alors qu’il était en poste depuis plus de deux ans et demi. Le défi est énorme.

Mais l’occasion est aussi là pour les conservateurs de créer un intérêt, de profiter de la curiosité envers un nouveau chef, de mettre de l’avant des candidats d’envergure et donc promouvoir le parti. Un parti qui n’a pas gagné d’élections générales depuis la victoire de Mike Harris en 1999. Par la suite, en 2003, 2007, 2011 et 2014, les conservateurs se « sont tirés dans le pied » comme le disait l’ancien chef par intérim Jim Wilson.

Certains membres du caucus sont pourtant nerveux et ne voulaient pas d’une course. Ils croyaient fermement qu’une course n’allait que leur nuire, les affaiblir et les diviser. L’exécutif du parti a visiblement pris une autre position.

Ce sont les candidats qui ont écrit au parti ou ceux qui se sont manifestés sur les réseaux sociaux pour demander une course qui doivent être soulagés. Certains d’entre eux pourraient être tentés de se lancer dans l’arène. Les noms de Rod Phillips et de Caroline Mulroney ont beaucoup circulé ces derniers jours. Coïncidence? Ils font tous deux partie de ceux qui ont demandé que les membres du parti aient l’occasion de se faire entendre.

La semaine a été chargée à l’avant-plan de l’actualité. La fin de semaine pourrait l’être tout autant en coulisses pour tous ceux qui veulent sonder les appuis, évaluer leurs chances et commencer à penser à former une équipe. Les événements se sont bousculés en quelques heures cette semaine pour Patrick Brown... d’autres destins sont en train de se dessiner... d’autres rebondissements sont à prévoir.

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