Qui sont les sept personnes arrêtées jeudi matin par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le cadre des fameuses enquêtes Joug et Lierre sur des cas d'abus de confiance, de corruption, de fraude et de financement illégal?

Un texte de Danielle BeaudoinTwitterCourriel

1. Nathalie Normandeau, ex-ministre libérale des Affaires municipales et ex-vice-première ministre

Les activités de financement politique de l'ex-ministre libérale ont été scrutées à la loupe lors des audiences de la commission Charbonneau sur la corruption dans l'industrie de la construction. La commission a démontré que Nathalie Normandeau a utilisé son pouvoir discrétionnaire à 14 reprises pour financer des infrastructures municipales dans l'Est du Québec, dans des dossiers où les municipalités faisaient affaire avec la firme Roche. L'ex-ministre a nié tout favoritisme lors de sa comparution devant à la commission en juin 2014.

Nathalie Normandeau a d'abord été mairesse de Maria, en Gaspésie, de 1995 à 1998. Elle a ensuite été élue députée libérale dans Bonaventure en 1998, 2003, 2007 et 2008. Elle a notamment été ministre des Affaires municipales, vice-première ministre, ministre des Ressources naturelles et ministre responsable des Affaires gouvernementales canadiennes.

L'ex-ministre fait face à des accusations de corruption de fonctionnaires, de complot, d'abus de confiance et de fraudes envers le gouvernement.

2. Bruno Lortie, ex-chef de cabinet de Nathalie Normandeau

Bruno Lortie était responsable du financement politique de Nathalie Normandeau. Il devait s'assurer qu'elle ramasse 100 000 $ en dons par année. Il a comparu à la commission Charbonneau en juin 2014 à propos des activités de financement politique de la ministre. Il s'appuyait sur ses amis Marc-Yvan Côté, de la firme Roche, et Christian Côté, de Dessau, pour l'organisation respective des cocktails tenus chaque année à Québec et à Montréal. « J'ai toujours vu Marc-Yvan Côté comme mon grand frère », a-t-il reconnu devant la commission. Il a nié avoir quoi que ce soit à se reprocher.

L'ex-chef de cabinet de la ministre Normandeau fait face à des accusations de complot, de corruption de fonctionnaires, de fraudes envers le gouvernement et d'abus de confiance.

3. Marc-Yvan Côté, ex-vice-président de Roche

Marc-Yvan Côté a comparu lui aussi devant la commission Charbonneau en juin 2014. L'ex-vice-président principal au développement des affaires de Roche a notamment reconnu que les partis politiques ont toujours sollicité les entreprises, les bureaux d'avocats et les firmes d'urbanistes et d'ingénieurs, sous couvert d'aller chercher des dons individuels, et que ces derniers pouvaient avoir donné en espérant un retour.

Le rôle de Marc-Yvan Côté au sein de Roche et son implication dans le financement politique illégal intéressent l'UPAC depuis un bon moment. Les enquêteurs ont d'ailleurs fouillé la résidence de l'ex-ministre en février 2014.

Marc-Yvan Côté a été ministre libéral de la Santé et ministre des Transports dans le gouvernement de Robert Bourassa. Il a démissionné de son poste de député et de ministre de la Santé le 11 janvier 1994. Moins d'un mois plus tard, il devenait vice-président au développement des affaires chez Roche. Il y est resté jusqu'en 2005. Il a ensuite conservé la même fonction, mais à titre de consultant.

L'ex-président de la firme de génie-conseil Roche fait face à des accusations de complot, de corruption de fonctionnaires, de fraudes envers le gouvernement et d'abus de confiance.

4. Ernest Murray, ex-attaché politique de Pauline Marois

Ernest Murray a demandé à un ingénieur de la firme Roche de fournir une dizaine de milliers de dollars pour la campagne de financement de Pauline Marois dans Charlevoix, en vue des élections de décembre 2008.

Lors de sa comparution devant la commission Charbonneau en juin 2014, il a déclaré avoir informé Pauline Marois de ses démarches.

Pauline Marois soutient pour sa part n'avoir jamais été informée des « initiatives personnelles » de son ex-attaché de presse quant au financement de la circonscription de Charlevoix.

Ernest Murray fait face à des accusations de complot et d'abus de confiance.

5. Mario Martel, ancien président de Roche

L'ex-dirigeant de la firme de génie-conseil a été cité à plusieurs reprises lors des audiences de la commission Charbonneau.

Dans son témoignage devant la commission, André Côté, ex-vice-président de Roche, a expliqué que c'est la vice-présidente France Michaud et le président Mario Martel qui établissaient le budget annuel de leur firme de génie pour le financement des partis politiques. M. Côté a aussi convenu que ces sommes ne pouvaient suffire à satisfaire les besoins des partis et que Roche a donc fait de la fausse facturation. Il a expliqué que ce type d'opération était fait à la demande de Mario Martel et de France Michaud, qui établissaient les montants à dégager.

Mario Martel fait face à des accusations de complot, de corruption de fonctionnaires, de fraudes envers le gouvernement et d'abus de confiance.

6. France Michaud, ancienne vice-présidente de Roche

L'ex-dirigeante de Roche a été reconnue coupable en septembre dernier de fraude et d'abus de confiance dans une affaire de corruption à Boisbriand.

Lors de sa comparution devant la commission Charbonneau en juin 2014, elle a reconnu avoir joué un rôle important dans le système de financement politique occulte de Roche.

Le financement des partis, « on le faisait parce que les autres le faisaient », a-t-elle déclaré.

Elle fait maintenant face à des accusations de complot, de corruption de fonctionnaires, de fraudes envers le gouvernement et d'abus de confiance.

7. François Roussy, ex-maire de Gaspé

L'ex-maire de Gaspé et ancien attaché politique du député péquiste de Gaspé Gaétan Lelièvre a fait l'objet d'un mandat de perquisition de l'UPAC en janvier 2014 pour ses liens douteux avec la firme Roche.

François Roussy s'est défendu à l'époque d'avoir participé à un stratagème pour favoriser la firme Roche dans l'obtention de contrats dans sa municipalité, en retour de contributions au développement de la ville.

Il fait aujourd'hui face à des accusations de complot et d'abus de confiance.

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