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Rail gaspésien : unanimes, les préfets veulent des travaux en 2017

D'une même voix, tous les préfets de la Gaspésie demandent à Québec de procéder rapidement à une annonce officielle concernant les travaux de réhabilitation de la voie ferrée afin que le chantier puisse démarrer dès cet été.

Un texte de Joane BérubéLes préfets soulignent que c’est l’ensemble du tronçon de Matapédia à Gaspé qui doit être remis en état.

Du même souffle, ils souhaitent que Québec s’engage à déposer un plan d’action triennal pour que tous les travaux soient terminés en 2020.

On ne peut pas indiquer quel est le montant final de l’investissement, souligne le président de la Table des préfets de la Gaspésie, Guy Gallant, puisqu’il y a des dommages supplémentaires qui ont été causés par les tempêtes de décembre dernier.

Toutefois, s’il y a bel et bien 50 millions de dollars sur la table, les élus gaspésiens veulent que le chantier démarre, qu’importe les travaux. « On a su la semaine passée qu’on l’avait refusé, ce n’est pas vrai. Ce qu’on dit aujourd’hui, c’est qu’il ne nous a jamais été donné le chèque », indique le président de la Table des préfets et préfet d’Avignon, Guy Gallant.

Les préfets craignent, si rien n’est fait cette année, que la réparation du rail devienne un enjeu partisan dans une prochaine année d’échéance électorale.

Les élus font valoir à cet égard qu’il ne s’agit pas d’un dossier politique, mais d’une question économique.

Déjà, les deux plus importants employeurs privés de la Gaspésie, Ciment McInnis et LM Wind Power, ont indiqué qu’ils avaient besoin d’une voie ferrée en état pour soutenir leurs activités. Deux autres entreprises ont aussi fait part de leur intérêt à la Société de chemin de fer de la Gaspésie de recourir au transport par train.

Communications difficiles avec Québec

Malgré leur détermination, les élus admettent qu’ils n’ont pas beaucoup de contacts avec Québec et qu’ils ne sont pas tenus informés des discussions qui sont en cours sur l’avenir du rail gaspésien. « On ne sait rien. On apprend souvent la nouvelle en même temps que les journalistes », relève Guy Gallant.

Le président de la Table des préfets qualifie d’ailleurs ses rencontres avec le ministre responsable de la région, Sébastien Proulx, de « rarissimes ».

Malgré tout, les élus ne demandent pas son départ, soutient M. Gallant, mais ils veulent s'asseoir avec lui à une table de travail pour discuter de leurs priorités. Cette demande sera réitérée au ministre Proulx.

Baisse démographique

Les élus sont aussi très préoccupés par la baisse démographique. Les récentes données de Statistique Canada démontrent que le déclin s’accélère dans la région, notamment en Haute-Gaspésie où la ville centre Sainte-Anne-des-Monts est la ville du Québec présentant la plus importante décroissance de 2011 à 2016 pour une municipalité québécoise de 5 000 habitants et plus.

Les préfets veulent se servir du nouveau Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) pour mettre en place des mesures pour contrer la baisse de population. En attendant, un comité sera mandaté pour évaluer les meilleures stratégies pour attirer de nouveaux arrivants.

L’image de la Gaspésie à l’extérieur de la région est sans doute aussi à revoir, souligne Guy Gallant.

La région a longtemps été associée au chômage et au manque d’emploi. Actuellement, c’est l’inverse. Des entreprises peinent à recruter de la main-d’œuvre spécialisée et cela risque d’être encore pire dans les années à venir puisque la région sera en compétition avec d’autres pour attirer les jeunes travailleurs.

Forum à Bonaventure à la mi-mai

Enfin, les préfets préparent un grand forum sur les priorités de développement de la Gaspésie qui aura lieu le 18 mai à Bonaventure. Outre les élus du monde municipal, le forum regroupera des citoyens, des organismes de la région, ainsi que les représentants d’une quinzaine de ministères.

Il s’agit d’une rencontre sur invitation dont le but est de dégager un consensus régional sur les orientations que doit prendre la Gaspésie au cours des prochaines années.

Le forum servira à déterminer entre autres les priorités de l’Occupation et vitalité du territoire (OVT), un document qui servira ensuite de guide aux interventions ministérielles régionales.

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