Retour

Réaménagement du boulevard Saint-Joseph : les cyclistes déçus

Une centaine de personnes, essentiellement des résidents du quartier, des commerçants et quelques conseillers municipaux, ont assisté à la consultation publique sur le réaménagement du boulevard Saint-Joseph lundi soir au centre communautaire Yvon A.-Grégoire.

Un texte d’Agnès Chapsal

Conçu par la firme Projet Paysage, qui a créé, entre autres, la place publique devant le Centre Vidéotron à Québec, le projet vise à redynamiser le boulevard Saint-Joseph, dont l’architecture est vieillissante.

Quelques contraintes ont été imposées aux architectes : assurer la sécurité des piétons, des cyclistes, mais aussi le bon fonctionnement du transport en commun et une circulation fluide des automobilistes.

Lors de la période de questions qui a suivi la présentation du projet, bon nombre de résidents ont fait part de remarques et de critiques.

Les cyclistes et les amateurs de vélo notamment sont restés sur leur faim, puisque le réaménagement du boulevard ne prévoit pas de piste cyclable sur toute sa longueur.

Selon la firme, le boulevard est trop étroit - de seulement 14 mètres de largeur - ce qui ne permet pas de construire une piste cyclable sur l’ensemble des 2,74 kilomètres, entre les boulevards Alexandre-Taché et Saint-Raymond, qui vont être réaménagés.

« Je comprends qu’il y ait des difficultés techniques, mais je pense que ça aurait été le point majeur à considérer en partant. La piste cyclable, ça crée de la vie, ça attire les gens », a regretté David Gomes, propriétaire du Bistro L'Alambic.

Les cyclistes devront donc emprunter les rues avoisinantes Berri et Lois pour avoir accès à des couloirs sécuritaires.

« Je comprends l’idée de la sécurité, mais je pense qu’il faut faire les choses de la bonne façon, ce n’est pas juste de mettre des arbres et des bancs qui va régler la situation actuellement », a-t-il ajouté.

« Oui, il va y avoir des déçus, notamment les cyclistes, mais je pense que ça reste un bon compromis, notamment autour des enjeux des piétons », a nuancé pour sa part, Marion Morin, membre du c.a de l'Association de quartiers des résidents et de résidents du quartier Wrightville.

De son côté, la conseillère de district du Parc-de-la-Montagne–Saint-Raymond, Louise Boudrias a souligné qu’elle pensait que les pistes cyclables allaient être un enjeu lors de la consultation publique.

« Je vois que la grande déception est surtout l'accès sur les pistes cyclables. Le reste semble quand même faire assez l’unanimité, mais les pistes cyclables c’était un enjeu, et je m’attendais à ce que ce soit un enjeu ce soir en venant ici », a-t-elle commenté.

La question du zonage a aussi fait débat.

« Les aménagements sont très beaux, cependant je pense que si on ne gère pas certaines priorités avant, par exemple, le zonage qui ne permet pas une densité suffisante pour combler les commerces spécialisés, les terrasses, etc., toutes ces choses-là, je pense, ne survivront pas », a jugé Erik Rossmann, résident du quartier Saint-Jean-Bosco, architecte et propriétaire de bâtiments sur le boulevard Saint-Joseph.

« Il faut s’attarder davantage sur le zonage. Il y a beaucoup de commerçants pour qui c’est problématique », a renchéri David Gomes.

Le projet est estimé à 58,8 millions de dollars, mais ce montant pourrait être réévalué à la hausse, si par exemple les fils électriques sont enfouis.

Les conseillers municipaux Louise Boudrias, Jocelyn Blondin et Cédric Tessier sont favorables à cet enfouissement, ce que ne prévoyait pas le projet tel qu’il a été présenté lundi soir, au grand dam de certains résidents dans la salle.

« Je pense qu’on doit le faire absolument, mais c’est une dépense supplémentaire, un budget d’environ 5 millions de dollars », a précisé Mme Boudrias. « On ne peut pas faire tout ce travail-là et ne pas faire l’enfouissement des fils ».

M. Blondin, le conseiller du district de Manoir-des-Trembles-Val-Tétreau, a abondé dans son sens : « Tant qu’à le faire, il faut le faire immédiatement parce que ce n’est pas vrai que dans 10 ou 20 ans on va venir démolir ce qu’on a fait pour le refaire. Oui, il y a des sous, mais c’est plus économique si on le fait maintenant que plus tard ».

Le budget final sera déterminé lors du dépôt du rapport en juin 2018.

Les travaux débuteront en août 2018 et se termineront en 2022.

Plus d'articles

Vidéo du jour


L'art d'être le parfait invité