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Réconciliation : le Congrès des Peuples autochtones revendique sa place

Le Congrès des Peuples autochtones (CPA), qui représente les intérêts des Indiens inscrits ou non inscrits vivant hors réserves, des Métis et de certains Inuits, a livré un message très clair au gouvernement Trudeau : s'il est sérieux dans son intention de favoriser la réconciliation avec les peuples autochtones, il doit l'inclure dans les discussions.

Au terme d'une rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Affaires autochtones et du Nord Canada, Carolyn Bennett, mardi, le chef national du CPA, Robert Bertrand, a parlé de « discussions ouvertes et très franches ». Le premier ministre s'est montré à l'écoute, a-t-il dit.

Robert Bertrand n'a cependant pas caché sa déception d'avoir été exclus d'une rencontre sur la réconciliation avec les peuples autochtones, en décembre dernier. Un an après le dépôt du rapport sur l'héritage tragique des pensionnats autochtones, Justin Trudeau avait eu un entretien avec des dirigeants de l'Assemblée des Premières Nations (APN), de l'Association inuite Tapiriit Kanatami et du Ralliement national des Métis (RNM).

Cette exclusion laisse le CPA et ses affiliés provinciaux et territoriaux « prudents devant l’engagement du gouvernement en faveur de la réconciliation », a martelé M. Bertrand au cours d'un point de presse. « Le CPA doit être à la table lorsqu’on discute des enjeux qui touchent ses membres », a-t-il affirmé.

L’inclusion est la clé pour réparer les relations du Canada avec ses peuples autochtones.

Robert Bertrand, chef national du Congrès des peuples autochtones

La rencontre entre le premier ministre et le chef national du CPA ainsi que d'autres représentants de l'organisme leur a notamment permis d'aborder la décision de la Cour suprême en faveur des 600 000 Métis et Indiens non inscrits, rendue en avril 2016. Dans l'arrêt Daniels, le plus haut tribunal du pays avait alors jugé qu'ils sont des « Indiens » au sens de la loi, estimant ainsi qu'ils sont sous la responsabilité du gouvernement fédéral.

Le jugement leur conférait un nouveau pouvoir de négociation pour obtenir d'Ottawa du financement et des programmes.

Il reste beaucoup de travail à faire avant d'élaborer des lois et des politiques qui vont dans le sens d'une plus grande justice, a soutenu M. Bertrand, évoquant des « écueils juridiques et sociaux ».

Le CPA se penchera sur l'arrêt Daniels lors d'une assemblée « historique », les 21 et 22 mars prochains. Ses membres pourront faire part des changements qu'ils souhaitent voir survenir dans la foulée de la décision, notamment en matière de logement, d'éducation et de soins de santé, a précisé M. Bertrand. La ministre Bennett participera à l'assemblée.

L'organisme, qui espère jouer un « rôle pivot » dans ce dossier, rédigera par la suite un rapport qu'il entend remettre au gouvernement. « Des années de querelles juridiques ont fait du Congrès des Peuples autochtones un expert dans la cause Daniels. Il est bien placé pour agir comme conseiller et agent de liaison en vue de ces changements », a plaidé M. Bertrand.

« Le Congrès des peuples autochtones a une excellente occasion d’obtenir justice après des années de négligence. Nous sommes impatients de travailler à la réconciliation », a-t-il soutenu.

Le sort des femmes autochtones disparues et assassinées, l'augmentation du nombre d’enfants pris en charge par les services sociaux, le taux d’incarcération élevé des Autochtones, l'éducation, la rafle des années 60 étaient aussi au menu de la rencontre avec le gouvernement.

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