Retour

Record du tireur d'élite canadien en Irak : une prouesse à célébrer, dit Trudeau

Le record fracassé par un tireur d'élite canadien qui a atteint une cible djihadiste à plus de 3,5 kilomètres en Irak doit être accueilli avec fierté, a soutenu mardi Justin Trudeau.

« Ce qui s'est produit là-bas doit être célébré », car la prouesse du soldat témoigne de « l'excellence des forces canadiennes, de leur formation, de la façon dont ils s'acquittent de leurs obligations », a-t-il fait valoir en conférence de presse à Ottawa.

Le premier ministre a du même souffle nié que cette salve du militaire canadien signifiait que la mission du Canada dans cette coalition internationale contre les djihadistes de Daech (le groupe armé État islamique) s'était transformée en mission de combat.

« C'est quelque chose qui fait partie intégrante de notre mission, et c'est quelque chose qui a toujours été respecté », a ajouté Justin Trudeau, vantant l'« extraordinaire » travail des quelque 200 membres des forces spéciales canadiennes stationnées dans la région.

Le premier ministre a tenu ces propos quelques jours après que l'annonce du record de tir établi par un tireur d'élite membre de la Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI2) eut fait le tour du monde.

La nouvelle avait inquiété le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, l'amenant à se questionner sur le rôle des militaires du Canada dans cette région du monde.

Le chef néo-démocrate a d'ailleurs écrit à Justin Trudeau la semaine dernière afin de lui faire part de ses inquiétudes quant au tir et ce qu'il symbolise pour la mission du Canada en Irak.

Il souligne dans sa missive que cela « soulève de sérieuses questions » sur la prétention du gouvernement « que les forces canadiennes ne sont pas impliquées dans les combats directs ».

Le FOI2 est une force présentement déployée dans le cadre de la mission canadienne pour combattre Daech.

Sur le site du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, on peut lire que la « FOI2 protège les intérêts canadiens et lutte contre le terrorisme au pays et à l'étranger ».

Opérations de paix

Le premier ministre, qui dressait mardi un bilan de la session parlementaire de son gouvernement, a par ailleurs assuré que le déploiement de troupes canadiennes pour appuyer des missions de paix des Nations unies ne figurerait pas sur la liste des promesses brisées.

En août dernier, à la base militaire de Bagotville, quatre ministres libéraux annonçaient que le Canada enverrait jusqu'à 600 soldats et 150 policiers en appui à des missions onusiennes, dans le cadre d'un programme fédéral assorti d'une enveloppe de 450 millions de dollars sur trois ans.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, avait affirmé que le plan serait dévoilé d'ici la fin de l'année 2016, mais il n'en fut rien. Le nouveau leadership aux Nations unies, puis l'arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis ont notamment été cités pour justifier le délai.

Le premier ministre a ajouté mardi que le gouvernement avait dû prendre le temps d'élaborer sa nouvelle politique de défense, dévoilée le 7 juin dernier, et qu'il fallait aussi tenir compte de « la situation sur le terrain dans différents endroits qu'on est en train de considérer ».

Mais la promesse tient : « Oui, nous avons l'intention de participer à des opérations de maintien de la paix sous l'égide de l'Organisation des Nations unies », a tranché Justin Trudeau devant les journalistes de la colline.

Il faut toutefois analyser rigoureusement les différentes avenues qui s'offrent au Canada, et ce, à l'aune de certaines expériences des troupes canadiennes dans certaines missions d'appui à la paix, notamment en sol africain, a-t-il plaidé.

« On a un historique en Afrique assez problématique, si on parle de Somalie et du Rwanda. Les Canadiens s'attendent que si on envoie les troupes, que ce soit en Afrique ou ailleurs en opérations de maintien de la paix, ça soit de la bonne façon », a indiqué M. Trudeau.

Les conservateurs s'opposent au déploiement de troupes canadiennes dans de telles missions.

Ses porte-parole en matière de défense accusent le gouvernement libéral de se servir des militaires comme monnaie d'échange contre le siège au Conseil de sécurité qu'il espère obtenir aux Nations unies en 2020.

Les conservateurs, à l'instar des néo-démocrates et des bloquistes, considèrent que tout engagement militaire canadien devrait être avalisé au préalable par les députés de la Chambre des communes.

Le gouvernement ne s'est cependant pas engagé à tenir un vote sur les missions d'appui à la paix comme le réclament ces trois partis.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine