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Réduction des GES : « il faut passer de la planification à l'action »

Bien qu'Ottawa ait établi l'an dernier un cadre pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2030, des mesures qui permettraient d'atteindre cet objectif n'ont pas encore été mises en place. C'est la conclusion à laquelle en vient la commissaire fédérale à l'environnement et au développement durable dans son plus récent rapport.

Un texte de Mathieu Gohier et Raphaël Bouvier-Auclair

En décembre 2016, après des discussions parfois houleuses avec les provinces, le gouvernement fédéral a présenté le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques.

Cette stratégie, à laquelle n'ont toujours pas adhéré le Manitoba et la Saskatchewan, vise entre autres à mettre en place des mesures permettant d'atteindre les objectifs canadiens de réduction des GES.

Si la commissaire à l'environnement Julie Gelfand reconnaît qu'Ottawa a fait preuve de leadership pour établir ce cadre, elle constate du même coup que, depuis, les mesures qui permettront de respecter les engagements internationaux du Canada n'ont pas été appliquées.

C'est notamment le cas de la tarification du carbone à l'échelle du pays, mais aussi de certains règlements touchant le méthane ou l'électricité.

Par ailleurs, la commissaire estime que le gouvernement fédéral ne tente plus d'atteindre les cibles de réduction pour 2020 qui avaient été établies lors du sommet de Copenhague, en 2009.

Selon elle, les efforts d'Ottawa sont redirigés vers l'atteinte des objectifs de 2030.

Son rapport recommande entre autres au ministère de l'Environnement et du Changement climatique d'élaborer une stratégie en collaboration avec les provinces et les territoires afin de faire le suivi sur la réduction des émissions de GES.

Le ministère promet de publier un rapport sur les efforts déployés d'ici la fin de l'année.

Adaptation aux changements climatiques

Malgré 538 millions de dollars investis depuis 2011, Ottawa n'a pas fourni « un leadership adéquat pour faire progresser l'adaptation aux changements climatiques au sein du gouvernement fédéral », constate la commissaire.

Son bureau s'est penché sur le travail de 19 ministères et organismes fédéraux quant à l'adaptation aux changements climatiques. Du nombre, seuls 5 ont évalué et géré les risques.

Selon le rapport, la responsabilité n'incombe pas uniquement au gouvernement Trudeau.

Le cadre fédéral qui vise une meilleure adaptation aux effets des changements climatiques « n'a pas été largement diffusé », entre autres par le gouvernement conservateur. Publié en 2011, il n'a été rendu disponible sur le web qu'en 2016.

Le bon coup : le financement des énergies propres

Lors de la présentation du dernier budget, en mars, le gouvernement a annoncé des investissements de 600 millions de dollars pour le développement des technologies propres, l'une de ses priorités dans le secteur de l'innovation.

Selon la commissaire à l'environnement, Ottawa a fait son travail en matière d'évaluation, d'approbation et de surveillance des différents projets qui ont été soumis.

Le gouvernement a notamment rendu publique l'évaluation des réductions de GES associées à certains projets de captage et de stockage du carbone. La commissaire demande maintenant à Ottawa de publier l'évaluation de tous les projets de technologies propres qu'il finance.

Julie Gelfand rappelle par ailleurs que le gouvernement Trudeau continue de financer les combustibles fossiles et ne dispose d'aucune stratégie solide pour éliminer ces subventions qu'elle qualifie d'inefficaces.

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