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Réduction des GES : les libéraux maintiennent les cibles des conservateurs

Les libéraux conserveront pour l'instant les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) établies par l'ancien gouvernement conservateur, qu'ils ont par le passé jugées trop peu ambitieuses. 

Au printemps dernier, sous Stephen Harper, le Canada s'était engagé à réduire de 30 % les émissions de GES d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Les libéraux avaient alors estimé cette cible insuffisante. Peu après l'arrivée des libéraux au pouvoir, la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, avait affirmé qu'il s'agissait là d'un « plancher ».

Invoquant l'inaction de son prédécesseur, le gouvernement Trudeau remet toutefois ses projets ambitieux à plus tard, la priorité étant maintenant d'atteindre les cibles existantes.

« Le plus important pour nous maintenant, après une décennie d'inaction de la part du gouvernement Harper sur le dossier du changement climatique, c'est de nous concentrer sur la mise en place d'un plan et d'actions concrètes pour combattre le changement climatique et faire croître l'économie canadienne de manière durable à long terme », a indiqué à Radio-Canada par courriel Caitlin Workman, l'attachée de presse de la ministre Catherine McKenna.

Certaines analyses, y compris celles d'Environnement Canada, montrent toutefois que les mesures de réduction en place, y compris les initiatives provinciales, ne seront pas suffisantes pour atteindre cet objectif.

La même analyse était valable pour l'objectif précédent, également fixé par les conservateurs. En vertu de l'accord de Copenhague, en 2009. Ottawa et Washington s'étaient engagés à réduire leurs émissions de 17 % par rapport au niveau de 2005, mais d'ici 2020.

Environnement Canada rapportait pour 2014 des émissions nationales de GES de 732 mégatonnes, la cinquième augmentation annuelle de suite. À des fins de comparaison, une voiture de taille moyenne émet entre 2 à 3 tonnes de GES par année; (une mégatonne équivaut à un million de tonnes).

La croissance des émissions au Canada depuis 1990 est en majeure partie attribuable à l'augmentation des émissions découlant de l'exploitation pétrolière et gazière et du secteur des transports.

Collaborer avec les provinces

Le ministère de l'Environnement souligne qu'il n'écarte pas d'établir un objectif plus contraignant.

« L'Accord de Paris, pour lequel vous savez que le Canada a joué un rôle clé dans les négociations, comprend une obligation pour tous les pays signataires de démontrer une ambition croissante progressive - y compris des cibles de plus en plus ambitieuses », ajoute ainsi la porte-parole de la ministre McKenna.

Pendant la campagne électorale, les libéraux n'avaient pas établi de cibles chiffrées, disant préférer collaborer avec les provinces pour établir un cadre canadien de lutte contre les changements climatiques.

En mars dernier, le premier ministre Justin Trudeau et ses homologues provinciaux se sont réunis à Vancouver pour discuter de l'adoption d'un cadre pancanadien de lutte contre les changements climatiques, mais les discussions n'ont pas permis de fixer de nouvelles cibles ni de conclure une entente sur un prix pancanadien du carbone.

Le premier ministre Trudeau rencontrera à nouveau ses homologues des provinces et des territoires à l'automne.

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