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Réduction des GES : Québec vise 37,5 % d'ici 2030

Le Québec a confirmé vendredi qu'il compte, d'ici 2030, réduire de 37,5 % les émissions de GES par rapport au niveau de 1990, soit 0,5 % de plus que l'Ontario.

Le gouvernement de Philippe Couillard affirme qu'il se dote du plan de réduction des gaz à effets de serre « le plus ambitieux » au Canada.

À titre de comparaison, la Californie et l'Union européenne se sont fixé une cible de 40 %. L'Allemagne? 55 %. Le Canada, lui, s'en tient à un objectif de 14 %.

« La cible que nous annonçons aujourd'hui est cohérente avec l'urgence d'agir et avec notre volonté de développer le Québec de façon durable et responsable », a déclaré le ministre de l'Environnement David Heurtel, par voie de communiqué.

« Nous savons que le coût de l'inaction dépassera largement les investissements qui seront nécessaires pour réduire les émissions de GES et pour s'adapter aux conséquences des changements climatiques », a-t-il ajouté.

« C'est une cible exigeante pour le Québec », a reconnu pour sa part le premier ministre Philippe Couillard dans une entrevue qui sera diffusée dimanche à l'émission Les coulisses du pouvoir. « Pourquoi? Parce que ce qui était facile à réaliser a été réalisé. Donc, devant nous, c'est très exigeant. »

Le Québec avait accompli 8 % de son objectif en 2012. Il compte atteindre une réduction de 20 % pour 2020.

Québec a notamment mis de l'avant un plan d'électrification des transports, un secteur qui compte pour 44 % de ses émissions de GES.

Incompatible avec l'exploitation des hydrocarbures, estiment les environnementalistes

Selon Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques pour le Québec de la fondation David Suzuki, cette cible est atteignable à condition que le gouvernement du Québec soit « cohérent ».

« Il faut que les bottines suivent les babines », a fait valoir M. Toussaint à Radio-Canada.

Selon lui, le Québec doit abandonner l'idée d'exploiter pétrole et gaz naturel. « Je ne pense pas que [ces cibles] soient compatibles avec l'exploitation des hydrocarbures au Québec », tranche M. Toussaint. Il note toutefois qu'il « semble y avoir un préjugé favorable du ministère des Ressources naturelles envers l'exploration et l'exploitation du pétrole sur l'île d'Anticosti. »

De son côté, le Conseil patronal de l'environnement du Québec (CPEQ) estime qu'il s'agit d'une cible audacieuse, qui pose un grand défi aux différents secteurs de l'économie québécoise.

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