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Réforme de la santé : le ministre Barrette veut uniformiser le coût des traitements

Après les fusions et la rémunération des médecins, le ministre de la Santé du Québec Gaétan Barrette veut transformer le mode de financement des établissements du réseau.

Un texte de Davide Gentile

Baptisée « financement à l'activité » ou « financement axé sur le patient », cette réforme vise trois objectifs : d'abord, évaluer les coûts de chaque type de soin dans les divers établissements de la province, ensuite, résorber les écarts qui existent, puis fixer un prix moyen pour chaque soin de santé offert dans la province. Les budgets versés aux établissements seraient établis en fonction de ces montants et du volume d'activité.

En ce moment, les hôpitaux reçoivent une enveloppe globale annuelle « sur une base historique ». Le nouveau système sera donc une forme de rémunération à l'activité.

« Au Québec, en raison de la formule de financement historique, on n'était pas très bons pour déterminer nos coûts », souligne Pierre Gfeller, PDG du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

Uniformiser le coût des traitements

Une étude menée en 2011-2012 par un sous-traitant du ministère de la Santé révèle des différences importantes entre les 12 établissements analysés pour le même traitement.

Pour les césariennes, par exemple, les coûts vont de 2356 $ à 4714 $ selon l'établissement. Pour une opération à l'œil, la facture peut passer de 820 $ à 1475 $, pour un traitement identique. Le coût d'un remplacement de la hanche peut varier de 10 411 $ à 14 574 $.

Pierre Gfeller estime que ces disparités s'expliquent par plusieurs facteurs. En région, par exemple, le volume total de traitements est moins élevé. « Ou encore, en milieu universitaire, on traite des cas plus compliqués », ajoute-t-il.

Québec lance ainsi un énorme exercice de comparaison et dévoilera mercredi le nom de l'entreprise qui pourrait le réaliser.

Des établissements se rendront compte que d'autres « parviennent à réaliser les activités à un coût moindre », affirme Pierre Gfeller. Certains pourraient s'inspirer des méthodes des établissements plus performants afin d'amoindrir leurs coûts et s'ajuster aux montants qui seront établis par Québec en fonction de la moyenne.

Face aux chiffres qui vont émerger, certains pourraient faire des choix. « Est-ce que je veux vraiment continuer à développer cette activité-là, ou est-ce préférable de laisser ça à un autre établissement dont c'est un créneau d'excellence? », explique M. Gfeller.

Vers une cible de prix

Gaétan Barrette a souvent évoqué le financement à l'activité comme une prémisse au succès de sa réforme du réseau. « Le financement à l'activité est le moyen pour résoudre, une fois pour toutes, les disparités de financement dont se plaignent les régions les unes par rapport aux autres », disait-il en septembre 2014.

Des sources indiquent que le ministère n'optera nécessairement pour les plus faibles coûts pour établir la cible de prix idéale. Le gouvernement veut éviter que les établissements rognent sur la qualité, ce qui pourrait engendrer des coûts supplémentaires, par exemple, lors de complications postopératoires.

Le virage débute mercredi. Le ministère publiera le nom de l'entreprise qui sera engagée dans ce vaste processus. On estime que le diagnostic qu'entreprend Québec coûtera 70 millions de dollars sur trois ans, ce qui correspond à l'échéancier pour instaurer ce « financement à l'activité ».

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