Retour

Réforme électorale : la route est pavée pour un référendum à l'Î.-P.-É.

Les élus à l'Assemblée législative ont commencé, vendredi midi, à débattre d'une motion du premier ministre Wade MacLauchlan visant à tenir un nouvelle consultation sur le mode de scrutin avec « un choix clair » lors des prochaines élections provinciales.

On s'attend à ce que la motion reçoive un appui unanime du gouvernement libéral.

Le mode de scrutin proportionnel mixte est arrivé en tête lors d'un récent plébiscite sur la réforme électorale à l'Île-du-Prince-Édouard. Mais le taux de participation de seulement 36 % soulève des doutes quant à la légitimité du vote.

Les personnes qui ont voté pour ou contre [le changement du mode de scrutin] ou qui n'ont pas voté [lors du plébiscite] auront l'occasion, avec une question claire, de donner une réponse claire.

Wade MacLauchlan, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard

Le premier ministre dit que le plébiscite était une étape d'un processus plus long.

« C'est normal, pour une décision fondamentale comme celle-là, qu'on procède étape par étape et qu'on clarifie quelles sont les valeurs et les préférences du peuple », a insisté Wade MacLauchlan à sa sortie de l'Assemblée législative, vendredi. « En effet, c'est ce qu'on a accompli avec le plébiscite. Je suis heureux que le plébiscite ait rempli sa fonction. »

Le statu quo comme alternative ?

Lors d'un référendum, les électeurs de l'Île-du-Prince-Édouard seraient appelés à choisir entre le mode de scrutin proportionnel mixte et une « alternative » qui serait choisie par les députés à la suite d'un autre débat. Il pourrait s'agir du mode de scrutin actuel, uninominal majoritaire à un tour, que soutiennent plusieurs libéraux.

Le député libéral Pat Murphy, qui appuie la motion pour un référendum, se dit redevable à ses électeurs d'Alberton-Roseville qui ont, souligne-t-il, « rejeté massivement » la représentation proportionnelle mixte lors du plébiscite du 29 octobre au 7 novembre.

Contrairement au plébiscite, le résultat d'un référendum sur la réforme électorale serait contraignant pour le gouvernement.

Déception chez les partisans du changement

Pour les partisans de la représentation proportionnelle, c'est la déception.

« Ce que le premier ministre nous dit, c'est qu'après tout ces efforts, tout ce temps et tout cet argent [pour un plébiscite], tout ce que nous obtenons, c'est une deuxième consultation. C'est un manque de respect de l'argent des contribuables. Et c'est un manque de respect pour les quelque 37 000 Insulaires qui ont pris la peine de voter », estime le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, qui milite pour un mode de scrutin proportionnel.

Le chef du deuxième parti d'opposition à l'Assemblée législative a déposé sa propre motion visant à reconnaître le résultat du plébiscite et à tenir les prochaines élections provinciales selon le mode de scrutin proportionnel mixte. Il croit que le gouvernement a mis sa proposition sa la voie d'évitement.

Accusations d'obstruction et de lâcheté

D'ailleurs, le ton a monté entre Peter Bevan-Baker et Wade MacLauchlan au cours des derniers jours.

Le chef du Parti vert a qualifié de « lâche » le dépôt de la motion du premier ministre alors qu'un vote n'a pas encore eu lieu sur sa motion. Il a aussi accusé des députés libéraux de faire de l'obstruction pendant un premier débat sur sa motion, mardi soir.

Piqué au vif, Wade MacLauchlan a plusieurs fois pris à partie son adversaire durant les débats à l'Assemblée législative, vendredi.

« Lorsque [le chef du Parti vert] apparaît dans les médias et qu'il accuse d'autres élus de lâcheté ou d'obstruction alors que ceux-ci partagent une opinion honnête, il discrédite notre Assemblée législative », a fustigé le premier ministre lors de la période de question.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu'est-ce qui se passe quand tu fais une détox de cellulaire?