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Réforme électorale: une répartition incertaine de la Saskatchewan à la Chambre des communes

Les recommandations du comité spécial sur la réforme électorale d'opter pour un mode de représentation proportionnelle tout en tenant un référendum sur la question pourraient amener la Chambre des communes à refléter davantage le vote populaire et changer le profil de la Saskatchewan à Ottawa.

Avec un peu plus 70 % des sièges de la province occupés par des députés du Parti conservateur, le système de scrutin uninominal à un tour, actuellement en vigueur, ne donne pas une représentation fidèle de la distribution des votes, selon un professeur émérite au Collège Campion de l’Université de Regina.

« Le solide soutien pour le Parti conservateur [dans le vote populaire] est aux alentours de 50 %, mais ils ont gagné 10 des 14 sièges, fait valoir Stephen Kenny, tandis que les libéraux ont gagné presque un quart du vote populaire et ils n'ont qu'un siège ».

Le fédéral accueille d’ailleurs froidement les recommandations du comité spécial qui suggère également de procéder par référendum pour régler cette question, malgré les engagements électoraux de Justin Trudeau en 2015.

« Pour M. Trudeau et le gouvernement, ils peuvent jouer sur le manque d’intérêt pour cette question », estime Stephen Kenny.

Portrait de la Saskatchewan sous une proportionnelle mixte

Le rapport du comité spécial fait état de différents systèmes de scrutin afin de refléter davantage le vote populaire. Un système à représentation proportionnelle mixte peut être une solution intéressante pour le Canada, selon le professeur de science politique de l’Université de Montréal, André Blais.

Ce modèle prévoit qu’une partie des députés est élue pour représenter directement des circonscriptions plus grandes, mais que les citoyens votent également pour l'un ou l'autre des partis qui soumettent chacun une liste de candidats pour la province.

« Les élus seraient alors déterminés en fonction du pourcentage de vote qu’aurait obtenu chacun des partis au niveau de l’ensemble de la province, explique André Blais. Donc, on aurait 10 députés élus dans des circonscriptions locales et on aurait 4 députés élus dans l’ensemble de la province, du moins c’est une des propositions ».

Cette proposition est semblable au mode de scrutin en Allemagne, précise André Blais. Là-bas, le poids des régions rurales n’a pas semblé diminuer, ce qui pourrait apaiser une des craintes exprimées dans le rapport du comité spécial.

« Je ne crois pas que cela ait posé de problèmes particuliers, lance-t-il. S’il y a une coalition entre deux partis, le risque qu’il n’y ait presque personne du côté gouvernemental dans une région donnée est beaucoup moindre que présentement ».

M. Blais souligne toutefois que la liste de candidats en Allemagne est la même pour tout le pays, alors qu’elle serait vraisemblablement divisée par province au Canada.

Le comportement des électeurs appelé à changer

La proportionnelle mixte présente trop de différences avec le système uninominal à un tour pour permettre de prédire les résultats électoraux avec un tel mode de scrutin à partir des résultats d’une élection précédente, croit Manon Tremblay, professeur en études politiques de l'Université d'Ottawa.

Le comportement des partis et des électeurs peut aussi être appelé à changer en fonction du mode de scrutin, ce qui complique les projections, selon elle.

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