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Réforme en éducation en N.-É. : un député craint du ressentiment envers les Acadiens

Un député de la Nouvelle-Écosse craint que le gouvernement libéral de Stephen McNeil crée involontairement du ressentiment envers la communauté acadienne en présentant bientôt un projet de loi sur le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), au moment même où il transforme le système provincial d'éducation.

Un texte de Marc Babin

Avec son projet de loi 72, à l’étude actuellement à l’Assemblée législative, le gouvernement abolit les sept conseils scolaires élus de langue anglaise et les remplace par un comité consultatif. La mesure soulève le mécontentement de nombreux parents, qui ont l’impression de perdre leur voix démocratique.

Mais le gouvernement maintient le CSAP, afin de protéger les droits culturels et linguistiques des Acadiens et des francophones. Le ministre de l’Éducation, Zach Churchill, présentera un projet de loi à cette fin dans les prochaines semaines.

Le député progressiste-conservateur d’Argyle-Barrington, Chris D’Entremont, appuie en principe l’idée d’une loi distincte pour le CSAP. Il craint cependant que dans le contexte, des anglophones éprouvent de l'animosité envers les Acadiens.

« J’ai déjà entendu [des anglophones demandant] “Pourquoi est-ce que les francophones ont plus que nous? Pourquoi ils n’ont pas touché le CSAP comme ils nous ont touchés?” », dit Chris D’Entremont.

Les francophones minoritaires bénéficient d’une protection en éducation en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaît Chris D’Entremont. Mais il souligne que l’appui financier pour leurs programmes et services dépend de la majorité.

« C’est une province majoritairement anglophone. Pour avoir des choses, on a besoin de l’appui des anglophones. Dans ce cas-ci, j’ai peur que [le gouvernement] ait fait des bêtises. »

Chris D’Entremont croit aussi que le CSAP montre trop d’engouement pour le rapport d’une experte, Avis Glaze, ayant guidé la réforme de l’éducation du gouvernement de Stephen McNeil. L’experte recommandait notamment l’abolition des sept conseils scolaires anglophones et le maintien du Conseil scolaire acadien provincial. Les enseignants rejettent le rapport Glaze.

L’aspect de la réforme qui réjouit particulièrement le CSAP, cependant, est la loi promise sur l’éducation en français, qui protégera les droits culturels et linguistiques de la communauté francophone

« [N]ous sommes reconnaissants de l’initiative du gouvernement qui a su reconnaître une fois pour toutes l’importance de mettre en place un système d’éducation qui reconnaît la spécificité du Conseil scolaire acadien provincial et les besoins particuliers des Acadiens et des francophones de la Nouvelle-Écosse », explique une porte-parole du CSAP, Marie-Andrée Laflamme. « Nous croyons fermement que cette loi permettra d’implanter des conditions gagnantes pour assurer l’excellence dans la programmation et les services. Nous sommes fiers de notre langue et notre culture et nous croyons que cette loi donnera l’opportunité au CSAP de contribuer encore davantage au développement de la richesse économique et sociale dans cette province. »

Avec les informations d'Olivier Lefebvre

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