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Réfugiés syriens : les critères de sélection des conservateurs jugés discriminatoires

Dans sa gestion de la crise des réfugiés syriens, le Parti conservateur a indiqué qu'il accorderait la priorité aux minorités religieuses et ethniques. Aux yeux de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration, ces critères de sélection, qui ont en fait été établis par le gouvernement en décembre dernier, sont discriminatoires.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Interrogé par la presse, mardi, Stephen Harper a énoncé clairement la position de sa formation, expliquant que les minorités religieuses et ethniques étaient particulièrement vulnérables. La veille, le ministre sortant de l'Immigration, Chris Alexander, avait lui aussi martelé le même message.

« On va assurer une vérification qui va protéger tout le temps la sécurité des Canadiennes et des Canadiens », a-t-il ajouté.

Depuis la semaine dernière, ses adversaires, mais également certaines provinces et plusieurs grandes villes, comme Montréal et Calgary, l'ont pressé d'ouvrir rapidement les frontières canadiennes à un plus grand nombre de réfugiés syriens, une demande à laquelle il a opposé une fin de non-recevoir.

Déjà, lundi, l'argumentaire sécuritaire s'était frayé un chemin dans le discours de Stephen Harper, qui a fait valoir que le Canada ne pouvait pas se permettre de pratiquer une politique de « premiers arrivés, premiers servis ».

Avant de les accueillir, il faut s'assurer qu'ils ne posent pas une menace à la sécurité des Canadiens, a estimé le chef conservateur.

Le président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration, Jean-Sébastien Boudreault, reconnaît l'importance de l'enjeu sécuritaire. « Il faut faire attention, mais il faut agir », a-t-il répliqué en entrevue à ICI RDI. « C'est important d'agir rapidement », fait valoir l'avocat.

Selon Me Boudreault, la sélection de réfugiés en fonction de critères ethniques, culturels ou religieux, « c'est quelque chose qui ne s'est jamais fait » au Canada. Il n'hésite pas à parler de discrimination et trouve ironique que le gouvernement fasse ce qu'« on ne veut pas qui soit fait ici ».

« Je trouve que c'est inacceptable », lance-t-il.

Mulcair juge les conservateurs insensibles sur la question des réfugiés syriens

Lors d'un discours prononcé devant des militants réunis au Club Soda, à Montréal, le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a accusé le gouvernement Harper d'être « cynique, cachottier, sans coeur et sans vision pour l'avenir de nos enfants et petits-enfants ».

« Nous l'avons constaté encore récemment dans le dossier des réfugiés syriens : Stephen Harper vit-il sur la même planète que nous? » a-t-il demandé.

La crise syrienne s'est immiscée avec force dans la campagne électorale, la semaine dernière, avec la publication de la photo du jeune Alan Kurdi, qui s'est noyé alors que sa famille tentait de fuir la Syrie. En pleurs, la tante du garçonnet, une citoyenne de Colombie-Britannique, a révélé que lui et sa famille auraient voulu venir au Canada.

En date du mois d'août, 1074 réfugiés syriens avaient été accueillis en vertu d'un engagement pris en janvier dernier, dont 188 parrainés par le gouvernement, 857 dans le cadre du programme de parrainage privé et 29 par le programme mixte des réfugiés désignés par un bureau des visas. Quelque 1300 réfugiés de plus avaient été accueillis dans le cadre d'un précédent engagement, datant de 2013.

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