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Réintégration de Paradis : pas de décision du caucus libéral avant la fin de l'été

Même s'il a été blanchi des allégations d'inconduite sexuelle qui pesaient contre lui, l'ex-ministre Pierre Paradis devra patienter jusqu'à la fin de l'été avant de savoir quel sort lui réservent ses anciens collègues libéraux.

D'ici là, M. Paradis ne saura pas s'il pourra ou non réintégrer le caucus libéral, voire retrouver éventuellement un siège au conseil des ministres.

Le premier ministre Philippe Couillard a indiqué mercredi que rien ne pressait et qu'il fallait prendre tout le temps nécessaire pour analyser cette « très délicate » question. Ce n'est pas un sujet à prendre à la légère, a-t-il commenté, en point de presse, en marge d'une annonce sur la réussite éducative.

Il est difficile de dire quel genre d'accueil lui réserveront ses anciens collègues députés du caucus et du conseil des ministres. La plupart des ministres invités à donner leur opinion mercredi, à savoir s'il fallait le réintégrer dans l'équipe, ont préféré s'abstenir de tout commentaire.

Le sujet semble tabou. Les ministres Julie Boulet, Martin Coiteux, Laurent Lessard et Luc Fortin ont refusé de commenter, de même que le whip en chef Stéphane Billette.

Les ministres Rita De Santis et Christine St-Pierre ont eu des bons mots pour leur ancien collègue, sans toutefois s'avancer sur son retour au sein du caucus. « Je l'ai toujours considéré comme un ami » a dit Mme De Santis. Il a toujours été « un excellent collègue, un homme que j'aime beaucoup », a renchéri Mme St-Pierre.

Aucune accusation criminelle contre Pierre Paradis

« La précipitation est la pire des conseillères, a indiqué pour sa part M. Couillard aux journalistes qui le pressaient de questions. N'attendez pas de nouvelle au cours de l'été. »

« Pas avant la fin août », a précisé le ministre Pierre Arcand, sans vouloir se commettre lui non plus sur le fond de la question.

Le caucus libéral de la rentrée parlementaire aura lieu à la mi-septembre à Val-d'Or. Les libéraux se rencontreront aussi à la mi-août à Lennoxville lors du congrès de l'aile jeunesse du parti.

Le député de Brome-Missisquoi siège comme indépendant depuis le mois de janvier.

Lundi, M. Paradis a été blanchi des allégations d'inconduite sexuelle qui pesaient contre lui. Aucune accusation criminelle ne sera déposée à la suite d'une longue enquête menée par la Sûreté du Québec au cours des derniers mois.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a conclu que la preuve n'était pas suffisante pour porter des accusations contre lui.

La décision revient au caucus libéral

L'avenir politique de l'ex-ministre libéral bientôt âgé de 67 ans et député de Brome-Missisquoi sans interruption depuis 1980 repose donc désormais entre les mains du caucus libéral, qui devra décider s'il accepte ou non de le réintégrer.

Dans un premier temps, la présidente du caucus, la députée Nicole Ménard, doit s'entretenir avec M. Paradis pour connaître ses intentions, ce qui n'a pas encore été fait.

M. Paradis est en congé de maladie prolongé, depuis maintenant six mois, à la suite d'une vilaine commotion cérébrale qui a laissé d'importantes séquelles. Sa récupération est très lente. Il est toujours suivi par ses médecins. On ignore si son état de santé lui permettra de poursuivre son mandat.

Il n'a accordé aucune entrevue au cours des derniers six mois, n'a jamais pris la parole publiquement, ne s'est jamais expliqué sur les allégations d'inconduite sexuelle, et n'a jamais remis les pieds à l'Assemblée nationale.

Une ancienne employée de cabinet de M. Paradis avait porté plainte contre lui, alléguant qu'il lui avait fait subir des gestes à caractère sexuel sur les lieux de travail.

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