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Remaniement ministériel : Laurent Lessard devient ministre des Transports

Le premier ministre Philippe Couillard a procédé à un remaniement ministériel, samedi matin pour remplacer Jacques Daoust, qui a démissionné dans la foulée de la controverse soulevée par la vente de Rona à des intérêts américains.

Laurent Lessard hérite du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports et Luc Blanchette est nommé ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs. Pierre Arcand, qui est déjà ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, récupère le dossier des Mines.

Ce remaniement survient un jour après la démission de Jacques Daoust, qui a été mis dans l'embarras après la révélation de courriels confirmant l'implication du ministère de l'Économie, qu'il dirigeait à l'époque, dans la vente d'actions de la compagnie Rona. 

« Je tiens à saluer à nouveau le dévouement et la contribution de M. Daoust à l'économie du Québec. Par ailleurs, je souhaite le meilleur succès à MM. Lessard et Blanchette qui exercent de nouvelles fonctions à partir de maintenant », a déclaré le premier ministre samedi, qui a qualifié ces changements d'« ajustement ministériel ».

Dans un communiqué envoyé hier, M. Daoust a réaffirmé avoir dit toute la vérité dans cette affaire et estime qu'il n'a rien à se reprocher. Toutefois, il considère que le dossier de la vente de Rona porte ombrage au gouvernement et a donc décidé de quitter ses fonctions de ministre et de député de la circonscription de Verdun.

M. Couillard a révélé avoir discuté vendredi avec M. Daoust; les deux hommes ont convenu que la situation devenait intenable.

Le premier ministre a déclaré qu'il semblait y avoir « deux versions irréconciliables de la réalité », mais que « le dossier (de Rona) est clos, car la transaction a été consensuelle, a été votée à l'unanimité par le conseil d'administration et entérinée par les marchands partenaires ».

M. Couillard a toutefois tenu à souligner l'implication de Jacques Daoust dans ce qu'il considère « l'un des partenariats les plus importants de notre histoire » avec Bombardier pour le développement des avions de la C Series. « Des milliers de Québécois doivent et devront leur emploi à ces efforts. »

Jacques Daoust est à présent le douzième député à démissionner depuis les élections d'avril 2014.

Le premier ministre s'est voulu rassurant, affirmant que la mise en oeuvre du plan de son parti se poursuivait, comme prévu. « Le gouvernement est fort et déterminé », a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il ne souhaite pas procéder à de nouveaux changements au cours des prochains mois. 

L'opposition réclame toujours des réponses

Les partis de l'opposition n'ont pas tardé à réagir aux changements apportés au Conseil des ministres. « On n'est pas dans la novlangue libérale, c'est bel et bien un remaniement ministériel », a tenu à préciser le chef intérimaire du Parti québécois, Sylvain Gaudreault, rappelant qu'il s'agissait du cinquième remaniement depuis le début du mandat du Parti libéral.

« Les Québécois n'obtiennent toujours pas de leur premier ministre les réponses à leurs nombreuses questions concernant la vente des actions de Rona par le gouvernement du Québec », a martelé le leader parlementaire de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Bonnardel.

Position partagée par la députée de Québec solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé. « [Philippe Couillard] aurait dû profiter de son discours lors du remaniement pour répondre aux nombreuses questions qui demeurent, a-t-elle déclaré. Si M. Couillard voulait vraiment la vérité et faisait preuve de transparence, il aurait appelé Pierre Ouellet dans les dernières 24 heures et lui aurait demandé qui a donné le OK à la vente. Il partagerait ensuite l'information avec la population. »

M. Couillard a répété qu'il n'a jamais été mis au courant de la vente imminente d'un fleuron québécois.

Sylvain Gaudreault n'a pas hésité à accuser le premier ministre de vouloir taire une enquête qui pourrait remonter jusqu'à son bureau. « En bout de ligne, le véritable responsable de cette histoire de la vente des actions dans Rona, c'est M. Couillard », a-t-il insisté.

M. Bonnardel se demande d'ailleurs comment la décision de vendre les actions de Rona aurait pu être prise uniquement par le chef de cabinet de l'ex-ministre Daoust. « Il y a un problème dans la chaîne de commandement », a-t-il résumé. « S'il y avait une vente dans les prochains mois d'un autre fleuron, est-ce que le premier ministre ne serait pas avisé », a-t-il demandé en entrevue sur ICI RDI.

M. Gaudreault a également demandé que l'ex-chef de cabinet de M. Daoust, Pierre Ouellet, comparaisse en commission parlementaire, jeudi prochain. M. Gaudreault dit vouloir savoir ce qui s'est passé entre le moment où le vice-président principal d'Investissement Québec, Jean-Jacques Carrier, a envoyé un courriel à M. Ouellet pour demander l'aval du gouvernement et l'autorisation donnée par ce dernier.

Par ailleurs, le gouvernement devra bientôt déclencher quatre élections complémentaires pour combler les circonscriptions vacantes de Verdun, de Saint-Jérôme, de Marie-Victorin et d'Arthabaska, après les démissions de Jacques Daoust, de Pierre Karl Péladeau et de Bernard Drainville, et la mort de Sylvie Roy.

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