Il y aura 47 périodes de questions à l'Assemblée nationale d'ici la fin de la session parlementaire à la mi-juin. Voyez-les comme 47 occasions de préparer les élections du 1er octobre.

Une analyse de Sébastien Bovet, chef du Bureau parlementaire à l’Assemblée nationale

Le Parti libéral essaiera de renouveler son message. Le Parti québécois tentera de se définir une identité. La Coalition avenir Québec voudra démontrer qu'elle représente le gouvernement en attente. Et Québec solidaire tentera de créer un mouvement de masse à gauche de l'échiquier politique. Stratégies et défis de cette dernière session parlementaire avant les élections.

Parti libéral

Le PLQ a « l’avantage du terrain » dans les débats parlementaires. Il a le pouvoir, il peut utiliser sa majorité en chambre et la machine gouvernementale. Deux projets de loi lui permettront de passer son message. Un premier sur les congés parentaux : le programme sera plus flexible. Un autre sur les normes du travail qui devrait permettre d’obtenir plus rapidement une troisième semaine de congés statutaires. Ces projets législatifs s’inscriront directement dans la promesse libérale de donner plus de temps aux familles.

Sur le front de la politique pure, l’adversaire est la Coalition avenir Québec. Les libéraux voudront la définir comme brouillonne ou girouette (qui change d’avis souvent). Ils seront par contre tout doux avec le Parti québécois parce que, secrètement, ils espèrent que le PQ montera dans les intentions de vote, ce qui enlèverait autant d’appuis à la CAQ.

Coalition avenir Québec

La CAQ veut faire son travail d’opposition et confrontera le Parti libéral sur son bilan des quatre dernières années. L’angle d’attaque sera les services, particulièrement en éducation et en santé. La Coalition estime que la Santé est le talon d’Achille du gouvernement et que son ministre, Gaétan Barrette, est affaibli depuis quelques semaines. Il ne dirige plus les négociations avec les médecins spécialistes et les infirmières dénoncent ses réformes. Autant de munitions pour la CAQ.

Le plus grand défi de la Coalition et de son chef, François Legault, sera de maintenir l’élan qui les a propulsés en tête des sondages. Pour y arriver, la CAQ devra éviter de glisser sur les pelures de bananes que lui lanceront ses adversaires. Les attaques viendront de tous les côtés et les députés caquistes pourraient en ressortir étourdis, sinon amochés.

Parti québécois

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a été actif depuis le début de l’année. Parfois contre son gré, avec des retraits annoncés, parfois à cause de sa volonté de définir l’identité de son parti. Le PQ se présente maintenant comme un parti social-démocrate, qui défend un État fort et des services mieux financés.

Le chef péquiste regarde à gauche, mais il essaie de ne pas négliger le centre droit de l’échiquier politique. À preuve, son meilleur joueur parlementaire, Pascal Bérubé, défendra l’identité nationale, un signe que le PQ misera sur le nationalisme pour élargir son électorat. Par ses prises de position et sa personnalité, M. Bérubé a ce qu’on appelle au PQ des « compétences transversales » : il est péquiste sans l’ombre d’un doute, mais il est capable de séduire aussi des électeurs caquistes.

Québec solidaire

Les solidaires commencent l’année électorale en essayant de créer un mouvement politique de gauche, pour les porter au pouvoir. L’idée de prendre le pouvoir en octobre semble utopique, mais elle a le mérite de fédérer la gauche. C’est le principal avantage de QS : ses sympathisants savent exactement à quoi s’en tenir. Mais le désavantage est plus important : une majorité d’électeurs, surtout hors Montréal, n’adhèrent pas à ses idées. L’élargissement de la base électorale est incontournable pour progresser.

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