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Rentrée législative en plein coeur de la réforme du système de santé au Manitoba

Après une pause de quatre mois, les députés manitobains retournent sur les bancs de l'Assemblée législative mercredi. On devrait voir l'opposition officielle, maintenant menée par un nouveau chef, mettre l'accent sur les changements dans le système de santé et les compressions prévues par le gouvernement progressiste-conservateur.

Un texte de Camille Gris Roy

C’est une semaine déjà chargée pour le gouvernement provincial. À la veille de la rentrée, le ministre des Finances Cameron Friesen a choisi de rendre public un rapport attendu sur la performance fiscale de la province, commandé à la firme KPMG. C’est aussi ce mardi que la première phase de restructuration du système de santé se mettait en branle, avec la fermeture de la première de trois salles d’urgence à Winnipeg, convertie en centre de soins.

L’analyste politique Raymond Hébert s’attend à ce que la santé, d’abord, continue d’être au coeur des débats. « Il y a deux grandes questions [...], rappelle-t-il. Avec la restructuration, on a aussi des coupures, de l’ordre de 83 millions de dollars et nécessairement ça va impliquer des réductions de services dans le domaine. »

« Je pense que c’est l’intention de Brian Pallister d’effectuer des coupures dans tous les domaines [...], poursuit-il. Par exemple, dans les transferts à la ville de Winnipeg. Et à mesure que les habitants [en] voient l’impact, je pense qu’on peut s’attendre à une opposition grandissante sur ce front-là. »

En santé toujours, il y a aussi la question d’une taxe envisagée par le gouvernement sur les soins de santé qui n’est pas encore tranchée. « Pour les Manitobains, ce serait très controversé si le gouvernement procédait [à la mise en place de cette taxe], note M. Hébert. Surtout que M. Pallister, lors de la dernière campagne électorale, avait promis dur comme fer que jamais il n'augmenterait les impôts. »

Des projets de loi qui reviennent

Plusieurs projets de loi - dont cinq qui avaient été choisis par l’opposition au printemps pour être reportés - reviennent aussi sur la table cet automne : notamment un projet de loi qui permettrait aux établissements universitaires d’imposer une hausse des droits de scolarité d'un maximum de 5 % en plus du taux d'inflation. La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉE) organise d’ailleurs un rassemblement au palais législatif mercredi en signe de protestation.

Il y a aussi le projet de loi de type omnibus sur la « réduction du fardeau administratif et l’efficacité » du gouvernement, celui sur la loi électorale qui propose des changements au système d'identification des électeurs, un projet qui ouvre la voie à l'établissement d'entreprises de covoiturage comme Uber, et un autre qui élimine le monopole de l'Office de commercialisation du poisson d'eau douce.

« Il ne faut pas oublier, souligne toutefois Raymond Hébert, que le gouvernement progressiste-conservateur a une majorité écrasante en chambre. »

Opposition : un test pour Wab Kinew

Ce retour en chambre sera aussi marqué par des changements sur les bancs de l’opposition, avec un nouveau chef pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), Wab Kinew, élu lors d’un congrès d’investiture en septembre.

Raymond Hébert note qu’il se trouve toutefois dans une position difficile. « Wab Kinew arrive affaibli déjà dans son poste, parce qu’il a un casier judiciaire passé qu’il avait avoué en partie, mais il y a ces nouvelles allégations qui sont sorties notamment de violence conjugale qu’il n’avait pas révélées auparavant. »

« Donc je pense que ça va être difficile pour lui de s’imposer comme présence forte à l’Assemblée législative », note-t-il. Ce qui ajoute une carte dans le jeu des progressistes-conservateurs. « Si les débats s'échauffent, il n’y a aucun doute que les conservateurs vont attaquer le chef de l’opposition sur ce terrain-là. Ce qui est malheureux parce que c’est dans son passé, mais ce sont quand même des questions légitimes qui se posent parce qu’il faut vérifier pour établir s’il a la trempe d’un futur premier ministre du Manitoba. »

Wab Kinew aura aussi la mission de bâtir l’unité de son caucus.

Dossiers francophones

Sur le plan de la francophonie par ailleurs, plusieurs enjeux sont à suivre : les travaux du Conseil consultatif des affaires francophones se poursuivent, les résultats d'un sondage en ligne sur les services en français, et les plans stratégiques pluriannuels sur les services en français que les différents ministères et agences publiques viennent de remettre.

Pour l’instant, la province n'est pas en mesure d'entrer dans les détails. « Le travail de révision du sondage prend du temps, tout comme les efforts pour revoir et analyser les plans stratégiques pluriannuels soumis. Dans les prochains mois, les données du sondage qui ont été récoltées seront examinées et analysées (ainsi que les plans) », écrit un porte-parole dans un courriel à Radio-Canada.

« Je pense que le gouvernement, au moins en principe, est favorable à ces demandes-là, constate pour sa part Raymond Hébert. Je pense qu’on est dans un climat détendu et qu’il n’y a pas d’énormes tensions sur ce plan-là, et pour les francophones c’est toujours avantageux. »

« Ça pourrait peut-être mener à des avancées tranquillement et de façon non éclatante j’ai l’impression, mais des progrès peut-être importants quand même. »

Une chambre rénovée

Enfin, les députés font leur rentrée cette année dans une chambre rénovée, avec notamment des rampes d’accès et de nouveaux planchers surélevés pour permettre une meilleure accessibilité pour toute personne à mobilité réduite - un projet de 1,4 millions de dollars.

À l'origine, c’est le député manitobain Steven Fletcher, qui se déplace en fauteuil roulant, qui avait réclamé ces rénovations.

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