Après une pause estivale d'une douzaine de semaines, les députés fédéraux ont repris le chemin d'Ottawa pour la rentrée parlementaire. Même si le premier ministre Justin Trudeau est à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies, les partis d'opposition n'ont pas attendu pour multiplier les attaques les plus diverses à l'endroit du gouvernement.

À la période des questions, conservateurs et néo-démocrates ont tapé sur plusieurs clous : budget déficitaire, marché du carbone, changements climatiques, missions de paix, transferts en santé, bois d'oeuvre, entre autres enjeux.

Leurs critiques ont donné un avant-goût de ce qu'on peut attendre de cette session, qui s'annonce plus complexe que la précédente pour le gouvernement Trudeau. Après une dizaine de mois de consultations, de discussions et de travail en comité, il devra commencer à prendre des décisions.

Majoritaires et en tête des sondages, les libéraux ont devant eux trois formations à la recherche d'un nouveau chef.

Les dossiers chauds de la session

Plusieurs enjeux particulièrement sensibles pour le Québec pourraient donner au gouvernement du fil à retordre.

Dans le dossier des transferts en santé, on peut s'attendre à un affrontement entre les provinces et Ottawa, qui a décidé d'aller de l'avant avec l'abaissement du taux de croissance annuel adopté sous les conservateurs. Les libéraux ont signalé que tout autre financement en santé serait rattaché à des conditions.

Énergie Est, un dossier dans lequel les libéraux sont accusés de souffler le chaud et le froid, retiendra aussi l'attention. Ce projet énergétique sera défendu par les conservateurs, qui le considèrent comme créateur d'emplois. Le Nouveau Parti démocratique accuse toutefois les libéraux de poursuivre dans la même voie que les conservateurs.

Autre sujet au menu : le programme national de lutte contre les changements climatiques que veut instaurer le gouvernement en collaboration avec les provinces. À ce jour, les discussions n'ont pas permis d'entente sur un prix pancanadien du carbone, au coeur des discussions. La Saskatchewan, notamment, s'y oppose.

Les consultations du gouvernement sur la réforme démocratique n'ont pas jusqu'ici dégagé de consensus clair pour remplacer l'actuel mode de scrutin.

Le gouvernement, qui a posé ses conditions en vue d'aider Bombardier, devrait aussi donner sa réponse.

Les conservateurs promettent d'être la voix des contribuables

À la période de questions, les conservateurs ont lancé les hostilités en parlant notamment d'économie, qui devrait être leur principal cheval de bataille au cours de la session, alors qu'ils se présentent comme les porte-parole des « Canadiens qui travaillent fort ».

Le plan des libéraux n'a pas généré la croissance économique et les emplois prévus, a déploré la chef conservatrice par intérim, Rona Ambrose. Le gouvernement a besoin de davantage de temps, a répliqué le ministre des Finances, Bill Morneau.

Mme Ambrose a en outre critiqué le marché du carbone que compte créer le gouvernement, le présentant comme une nouvelle taxe pénalisant les consommateurs.

Les conservateurs ont aussi sonné la charge sur le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, annoncé le mois dernier.

« Les Canadiens doivent pouvoir se sentir confiants que de telles décisions sont fondées sur notre intérêt national, pas sur l'intérêt politique du Parti libéral », a lancé Rona Ambrose, qui a dénoncé la « vision romantique » qu'avait le premier ministre des missions de paix.

« Nous ne pouvons pas être un îlot de stabilité dans un monde en turbulence », a répondu le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan.

Les conservateurs ont réclamé que la question fasse l'objet d'un débat et d'un vote.

Ils ont en outre demandé un référendum sur la réforme démocratique promise par les libéraux.

Le NPD accuse les libéraux de ressembler aux conservateurs

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a de son côté déploré que les libéraux aient décidé de conserver les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixées par les conservateurs, qu'ils avaient par le passé jugées trop peu ambitieuses.

Au printemps dernier, sous Stephen Harper, le Canada s'était engagé à réduire de 30 % les émissions de GES d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005.

« Est-ce que la ministre croit que le plan des conservateurs est le changement? » a-t-il demandé à la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna.

Sous les conservateurs, ces cibles étaient fictives et les émissions ont augmenté, car le gouvernement n'avait pas de plan, a-t-elle rétorqué. « Les Canadiens veulent de véritables actions », a-t-elle soutenu.

Thomas Mulcair a également soulevé les transferts aux provinces, accusant le gouvernement libéral de maintenir les compressions imposées par les conservateurs, mais aussi de chercher l'affrontement avec le Québec.

La porte-parole du NPD en matière d'Affaires étrangères, Hélène Laverdière, a pour sa part réclamé une enquête approfondie quant aux « allégations très graves » à l'endroit du Service canadien du renseignement de sécurité et de la Gendarmerie royale du Canada. Des documents secrets obtenus par Radio-Canada ont révélé que des Canadiens ont été emprisonnés et torturés en Syrie avec la complicité des autorités canadiennes de 2001 à 2004.

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