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Requête pour un programme national de prévention du suicide

Le Canada doit adopter un programme national de prévention du suicide, financé par le gouvernement, ont affirmé mardi des éditorialistes du Journal de l'Association médicale canadienne (CMJA).

Les auteures de l'éditorial, Laura Eggerston et Kirsten Patrick, soutiennent qu'un plan national permettrait de s'attaquer à des facteurs du suicide qui relèvent de différents secteurs. Par exemple, des organisations oeuvrant dans le domaine de l'éducation, de la justice, de l'emploi, ou dans le secteur communautaire, pourraient se coordonner pour identifier des enfants à risque ou qui souffrent d'abus physiques ou sexuels. Elles pourraient également intervenir au moyen d'un programme scolaire.

Les auteures affirment que, parmi les 21 pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui ont adopté avant 2011 des programmes nationaux de prévention du suicide, financés par le gouvernement, le taux de suicide a diminué, et ce, plus particulièrement chez les jeunes et chez les adultes plus âgés.

Le Canada est le seul pays développé à ne pas avoir mis en place de stratégie dont les fonds, les buts et l'engagement sont concertés afin de réduire le taux de suicide, selon l'éditorial du CMJA.

Certes, la Loi sur le cadre fédéral de prévention du suicide a été adoptée au Canada en 2012. « Un cadre n'est toutefois pas une stratégie, ont souligné les éditorialistes. Cela ne fournit pas les ressources nécessaires pour atteindre le but, et cela ne mandate pas le fédéral, les provinces et les territoires à agir ou à créer des partenariats multisectoriels nécessaires pour renforcer la prévention du suicide au Canada. »

Cette demande du CMJA survient à quelques jours de la Journée mondiale de prévention du suicide, qui aura lieu le 10 septembre prochain.

Au Canada, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les Canadiens de 15 à 34 ans.

Chez les Autochtones, le taux de suicide est particulièrement élevé. Au Nunatsiavut par exemple, un territoire autonome inuit au Labrador, ce taux est 25 fois celui de la moyenne nationale. Au Nunavut, il est 10 fois plus élevé que cette moyenne.

Le programme du Québec fructueux

Depuis que le Québec a publié son propre plan de prévention en 1998, la province a réduit de moitié le taux de suicide chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans et a fait baisser le taux de suicide des Québécois d'un tiers.

Les Autochtones de cette province n'ont toutefois pas adopté ce programme de prévention, et leur taux de suicide n'a pas diminué.

La stratégie du Québec mise notamment sur le travail social de proximité en offrant, par exemple, une ligne téléphonique à ceux qui souhaitent demander de l'aide et un suivi approfondi des personnes à risque.

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