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Retour en cinq points sur le conseil général du Parti conservateur

Arrivée marquée d'un ancien chef bloquiste, développement d'un programme visant à plaire aux électeurs québécois : les conservateurs ont mis les bouchées doubles pour développer leur stratégie dans la province en vue des élections de 2019. Retour sur le conseil général du parti tenu cette fin de semaine et regard sur les défis auxquels l'opposition officielle fait face au Québec.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

1- Attirer, attirer et attirer

Ce verbe semble définitivement être le mot d'ordre au coeur de la stratégie conservatrice au Québec.

Depuis plusieurs mois, les troupes d'Andrew Scheer tendent la main aux électeurs qui, dans le passé, ont voté pour le Bloc québécois, mais aussi pour le NPD.

Dans le camp conservateur, l'arrivée de Michel Gauthier, ex-chef bloquiste, a évidemment été considérée comme un signe que cette stratégie fonctionne.

Le nouveau membre Michel Gauthier ne se présentera pas comme candidat, mais entend conseiller le parti pour l'aider, affirme-t-il, à défendre les intérêts du Québec.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, a lui aussi signé sa carte de membre du parti. Il a évoqué à mots couverts une éventuelle candidature.

Dans son discours, qui a mis fin au conseil général, le chef Andrew Scheer a laissé entendre que ces adhésions n'étaient qu'un début.

2- Des résolutions propres au Québec

La fin de semaine était l'occasion pour près de 400 militants réunis à Saint-Hyacinthe de développer un programme politique propre au Québec qui sera par la suite présenté aux membres de l'ensemble du pays, lors du congrès national d'Halifax, au mois d'août.

Les conservateurs ont adopté plusieurs résolutions qui, selon le parti, plairont à bon nombre d'électeurs québécois.

Certaines idées, dont une faisant la promotion de votes complètement libres à la Chambre des communes, ont suscité de longues discussions au conseil général, mais n'ont pas été adoptées.

3- Main tendue au monde agricole

Pendant son allocution devant les militants conservateurs, le maire de Saint-Hyacinthe a parlé de sa ville comme étant la « Silicon Valley de l'agriculture ». En choisissant d'y tenir leur conseil général, les conservateurs ont voulu tendre la main aux agriculteurs.

Il faut mentionner que le chef, Andrew Scheer, a pu compter sur l'appui de nombreux producteurs laitiers pendant la course à la direction du parti, il y a un an. Ces derniers ont adhéré au Parti conservateur dans le but de bloquer la route au candidat Maxime Bernier qui s'était engagé à abolir le système de gestion de l'offre.

Si certains n'ont pas renouvelé leur carte de membre, d'autres ont choisi de rester au sein de la formation politique.

« Les valeurs fondamentales du parti sont très proches des valeurs fondamentales qu'on nous enseigne dans notre monde », affirme par exemple Martin Nichols, un producteur de la région de Saint-Hyacinthe, qui est membre du parti.

S'il croit que cette proximité pourra aider les conservateurs à faire des gains dans des circonscriptions plus rurales, Martin Nichols affirme que le parti devra être ferme dans ses prises de position entourant la gestion de l'offre.

4- Percer au-delà des bastions

Le lieutenant politique d'Andrew Scheer au Québec, le député Alain Rayes, l'a dit clairement cette fin de semaine : Saint-Hyacinthe-Bagot fait partie des circonscriptions ciblées par le Parti conservateur.

L'élu est même allé plus loin en soulignant que les 78 circonscriptions québécoises étaient en jeu.

En 2015, son parti a fait élire des députés dans 12 circonscriptions, surtout dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.

Selon l'analyste en sondages de CBC, Éric Grenier, c'est surtout dans ces régions que le vote conservateur est concentré. S'il entrevoit de possibles gains dans le Centre-du-Québec, Éric Grenier croit que le défi reste majeur pour le Parti conservateur dans la grande région de Montréal.

Par exemple, il explique que dans les circonscriptions de la Rive-Nord où des bloquistes ont été élus en 2015, ce sont bien souvent des libéraux, et non des conservateurs, qui ont terminé en deuxième position.

« On flirte avec les Québécoises et les Québécois. Maintenant on veut qu'ils tombent en amour avec nous », a affirmé la députée conservatrice Sylvie Boucher, consciente des défis électoraux auxquels son parti fait face.

5- Un premier test : l'élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord

Bien avant le scrutin de 2019, la stratégie conservatrice se heurtera à un premier test sous peu. Une élection a été déclenchée dimanche dans la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le vote se tiendra le 18 juin. Le candidat conservateur Richard Martel était présent samedi au conseil général à Saint-Hyacinthe.

« Au fil des semaines, on sent que des gens se rallient », a affirmé le candidat, qui fait déjà campagne depuis plusieurs mois.

Il affrontera notamment la candidate libérale Lina Boivin, investie la semaine dernière.

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