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Retraite à Kananaskis : sortir de la bulle d'Ottawa

Des réunions du cabinet ministériel, il y en a chaque semaine lorsque le Parlement siège. Quelques heures pour se pencher, en groupe, sur les dossiers chauds. Cette retraite, à Kananaskis, dans un décor enchanteur au pied des Rocheuses, est l'occasion pour le gouvernement, de sortir de la bulle d'Ottawa, d'élaborer des stratégies à plus long terme. Voici quatre grands thèmes abordés derrière des portes closes.

Un texte de Madeleine Blais-Morin

1- Les infrastructures

Le mot infrastructure revient 254 fois dans le dernier budget fédéral. Le gouvernement a promis d'investir 60 milliards de dollars de plus en 10 ans dans ce secteur. Évidemment, les villes vont frapper à la porte. À Montréal, par exemple, les grands projets qui pourraient nécessiter le financement d'Ottawa s'accumulent : le projet de train léger sur rail ou le prolongement de la ligne bleue du métro.

Si la première phase des investissements en infrastructure - celle qui prévoit des réparations et des mises à niveau - a déjà été déployée dans le budget, il faut déjà penser à la deuxième phase, celle des grands chantiers.

2- Les pipelines

C'est la première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, qui a imposé cet enjeu à l'ordre du jour. Devant les ministres, elle a insisté sur l'importance des projets de pipelines pour diversifier les marchés, pour obtenir un meilleur prix pour le pétrole. Elle a raffiné son plaidoyer. Elle affirme que pour financer un Canada sans carbone, le pays a besoin des revenus de l'exploitation pétrolière qui seront générés grâce aux nouveaux pipelines.

Pour le moment, les ministres ne lui offrent aucun engagement ferme. Ils maintiennent que le gouvernement veut que les ressources atteignent les marchés, de façon durable.

Mais déjà, ils devront se positionner sur un projet qui vient obtenir le feu vert de l'Office national de l'énergie. Celui de la mise à niveau d'un pipeline qui relierait le terminal pétrolier de Hardisty en Alberta jusqu'à Superior au Wisconsin, en traversant les Prairies.

3- La croissance

C'est un thème de prédilection de Justin Trudeau, au Canada, comme à l'étranger : investir pour assurer la croissance. Mais cette vision ne se limite pas aux mesures contenues dans son budget. Le gouvernement a promis une stratégie « encore plus vigoureuse », d'ici la fin de l'année, en matière de croissance.

Entre en scène Dominic Barton, le directeur général mondial de la firme de consultation McKinsey & Company. Il préside le comité chargé de conseiller le ministre des Finances dans l'élaboration de cette stratégie. Il est aussi invité à Kananaskis. Le thème de sa présentation : la croissance (bien sûr) en insistant sur le marché de la Chine.

4- La science de la livraison des promesses

Michael Barber, un expert dans la stratégie de livraison des promesses, est un autre consultant extérieur invité à cette retraite. Le gouvernement Trudeau a présenté un programme ambitieux, il a fait rêver. Il doit éviter de décevoir. Selon Micheal Barber, c'est un risque pour un gouvernement qui a placé la barre si haut. « Parfois vous faites beaucoup de progrès, mais vous ratez de peu la cible. Les journalistes cyniques vont dire que vous avez échoué alors que vous avez accompli beaucoup. »

Micheal Barber était aussi présent à la première retraite du Cabinet Trudeau en janvier. Trois mois plus tard, il a de bons mots pour le gouvernement. Il croit que les Libéraux n'ont pas dérogé des objectifs fixés en campagne.

Le ministre Jean-Yves Duclos dit que ses conseils sont les bienvenus. « Nous sommes un gouvernement relativement nouveau. Être nouveau a beaucoup d'avantages, mais aussi l'inconvénient que l'expérience est peut-être un peu plus faible qu'on peut retrouver ailleurs. Et M. Barber arrive avec cette expérience. C'est très motivant. Il nous donne toutes sortes de bons conseils qui nous permettent de progresser plus rapidement. »

Retour dans la bulle

Trois jours à élaborer des politiques avec un horizon à plus long terme. Mais dès que le gouvernement va sortir de son cocon, les choix et les dilemmes s'imposeront à nouveau.

Que ce soit dès vendredi, avec l'assemblée annuelle des actionnaires de Bombardier, qui accentuera les pressions pour qu'il réponde à la demande d'aide financière ou avec les moyens qu'il pendra pour sauver l'otage Robert Hall et traquer les meurtriers de John Ridsdel.

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