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« Revoyez vos demandes », ordonne la ministre Deb Matthews aux collèges ontariens

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle dénonce le fait que certains Collèges aient utilisé des institutions 10 fois leur taille comme comparatif pour établir les nouvelles échelles de salaires de leurs dirigeants.

Un texte de Claudine Brulé

Un nouveau règlement en vigueur depuis l'automne permet des augmentations salariales pour les présidents, vice-présidents et autres hauts gradés non syndiqués des 24 collèges ontariens.

Leurs salaires étaient gelés depuis 2012. Le nouveau règlement stipule que les augmentations proposées doivent être accompagnées de comparatifs de salaires de postes comparables dans des institutions canadiennes.

Dans leurs soumissions, 17 collèges ont utilisé comme comparatifs les universités de Guelph, d'Ottawa, de Waterloo et l'Université York, alors que cette dernière compte 53 000 étudiants, soit 20 fois plus que la population étudiante du Collège Canadore. Ce dernier a pourtant utilisé l'Université York comme comparatif.

La ministre Matthews avise les collèges que tant qu'ils n'utilisent pas des institutions similaires à leurs établissements pour les comparer, il n'y aura aucune augmentation salariale accordée aux hauts dirigeants.

Baisse des inscriptions et difficultés financières dans les collèges ontariens

Au moment où des augmentations substantielles des salaires de cadres de certains collèges ontariens sont proposées, une nouvelle étude rapporte d'importantes difficultés financières dans plusieurs de ces établissements.

Le rapport réalisé par la firme de consultants Price Waterhouse Cooper a été commandé par Colleges Ontario, l'association qui regroupe les collèges ontariens.

Il conclut que les collèges feront face à des situations financières difficiles dans la prochaine décennie si on y maintient le statu quo: les consultants estiment que le déficit des collèges serait de 420M$ en 2024-2025.

Le rapport souligne que les revenus en provenance des droits de scolarité payés par les étudiants ont augmenté de 56% de 2008-09 à 2014-15, notamment en raison de la croissance du nombre d'étudiants étrangers, alors que les revenus en provenance de la province, eux, ont diminué d'environ 10%.

Mais les collèges du Nord et des régions rurales ont plus de difficultés à recruter des étudiants étrangers, ce qui laisse entrevoir des problèmes financiers plus importants à l'avenir pour ces établissements.

Le rapport souligne le travail des collèges de langue française, mentionnant le fait qu'ils travaillent en collaboration pour offrir des services dans le Nord de la province et en région rurale.

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