Derrière nos élus se cachent des personnes au vécu particulier, voire inusité. Le maire de Saint-Honoré-de-Témiscouata, Richard Dubé, est un de ceux qui ont connu un parcours de vie hors de l'ordinaire.

Un texte de Jérôme Lévesque-Boucher

Les citoyens de Saint-Honoré-de-Témiscouata reconnaissent le franc-parler de celui qui dirige le conseil municipal depuis 2013. Ses réactions à l'épineux dossier de la route 185 et de l'autoroute 85 en témoignent. Mais qui est vraiment Richard Dubé?

L'homme a d'abord connu une remarquable carrière au sein des Forces armées canadiennes.

Sa carrière débute en 1972, lorsqu'il s'enrôle dans l'armée. Rapidement, il fait sa place au sein de l'armée de l'air, ce qui le conduit à devenir spécialiste en transport (ou Traffic Tech dans le jargon militaire). Ce rôle lui donne l'occasion de voyager partout sur la planète, souvent pour accompagner d'importants dignitaires lors de leurs déplacements. « Des ministres, des premiers ministres, des gouverneurs généraux, par exemple », explique Richard Dubé.

En consultant son vieux carnet de vol, Richard Dubé revit certains souvenirs en présentant les endroits où il s'est rendu : Le Caire, Nairobi, Tel-Aviv. Chaque endroit cache une anecdote qu'il ne désire pas rendre publique. « Vous savez, la discrétion fait partie de la vie d'un militaire, même à la retraite. »

La guerre

Toutefois, la vie au sein des Forces canadiennes n'est pas un long fleuve tranquille. S'il a vécu de beaux moments avec plusieurs dignitaires, il a aussi vécu la guerre.

En 1982, Richard Dubé est envoyé à Damas, en Syrie, pendant plus de six mois. « Je m'occupais de l'aéroport de Damas et de celui de Tel-Aviv, en Israël, pour tous les vols des Nations unies », précise-t-il. En 1991, il se rend au Moyen-Orient pour participer à la libération du Koweït. Et en 1994, juste avant de prendre sa retraite de l'armée, il se rend en Yougoslavie afin de dénicher une nouvelle possibilité aéroportuaire pour les Nations unies dans la région.

Malgré les horreurs qu'il a pu voir lors de ces missions, il affirme que l'expérience vécue au fil des années est inestimable. Toutefois, il précise que ce n'est pas pour tout le monde.

La retraite

En 1994, un plan de réduction du personnel lui permet d'appliquer pour une préretraite sans pénalité. Il lui faut donc, après 23 ans de service, refaire sa vie.

C'est à ce moment qu'il devient propriétaire d'hôtel pendant deux ans. Il travaille aussi dans le nord de l'Ontario pendant quelques années pour une entreprise qui récupère le bois des feux de forêt. « J'ai essayé autre chose. Je trouvais qu'à 40 ans, c'est jeune pour ne rien faire. »

C'est, selon lui, le cumul de ces expériences hors du commun qui l'ont amené à faire de la politique.

Richard Dubé continue de prendre goût à la politique jour après jour. D'une certaine façon, la discipline et l'honneur que demande la carrière militaire s'appliquent bien à son rôle de maire.

« J'étais là pour les dignitaires, maintenant je suis là pour les citoyens, comme je le peux », conclut-il.

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