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Rochelle Squires, unilingue anglophone, nommée ministre des Affaires francophones du Manitoba

La nouvelle ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba, Rochelle Squires, est unilingue anglophone.

Nouvellement élue députée de Riel, une circonscription à forte proportion francophone, Mme Squires a prêté serment mardi lors d'une cérémonie qui s'est déroulée uniquement en anglais. Par ailleurs, le gouvernement progressiste-conservateur a dévoilé les noms en français des nouveaux ministères provinciaux tard mardi soir, soit plusieurs heures après qu'ils eurent été dévoilés en anglais.

Interrogée sur le fait qu'elle ne parle pas français, Mme Squires a répondu que la courbe d'apprentissage devant elle est grande, mais qu'elle a hâte de travailler au nom de tous les groupes dont elle est responsable.

En plus des Affaires francophones, Rochelle Squires a aussi été nommée ministre responsable du Sport, de la Culture et du Patrimoine ainsi que de la Condition féminine.

Réactions mitigées

L'unilinguisme de Mme Squires n'est pas source d'inquiétude pour la Société franco-manitobaine (SFM). « La SFM sera heureuse de travailler avec Mme Squires à l'avancement de la francophonie manitobaine, a dit la présidente de la SFM Jacqueline Blay, par voie de communiqué. Nous avons hâte de rencontrer la ministre Squires et discuter avec elle pour assurer l'épanouissement continu de la communauté et parler des dossiers prioritaires de la collectivité francophone. »

Les Franco-Manitobains rencontrés à Saint-Boniface mardi après-midi ne partageaient pas l'optimisme de la SFM.

« C'est retourner en arrière, dit Carmen Laroche. On est fatigués de se battre. C'est vraiment dommage. »

« Du coup, ça ne sonne pas prometteur, remarque Michel Durand-Wood. C'est difficile de représenter le dossier francophone sans avoir un attachement à cette communauté-là. »

Leur opinion est partagée par certains anglophones interrogés par CBC.

Roxanne Brown, qui ne parle pas français, mais ayant un père francophone, n'est guère impressionnée par la nouvelle ministre. « À moins de comprendre vraiment ce que ça fait de communiquer et de travailler dans cette langue, on ne peut pas comprendre les enjeux. »

Selon l'analyste politique Raymond Hébert, les Franco-Manitobains sentiront les effets du changement de garde, mais ne seront toutefois pas laissés pour compte. « Ce portefeuille-là ne sera plus au bureau du premier ministre, donc déjà c'est une petite défaite pour la communauté francophone, fait-il remarquer. Mais le fait que [Rochelle Squires] ne parle pas français ne veut pas dire qu'elle ne peut pas bien représenter la francophonie au sein du cabinet. »

Le Manitoba a une obligation constitutionnelle d'offrir des services en français au sein de ses institutions législatives et judiciaires.

La province a aussi adopté une politique sur les services en français, qui vise à assurer une offre active de services en français dans les régions à forte proportion francophone. Toutefois, cette politique n'a pas force de loi et un projet de loi déposé par l'ancien premier ministre et ministre responsable des Affaires francophones Greg Selinger qui visait à protéger les acquis des francophones est mort au feuilleton.

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