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Roxboro toujours sous contrat avec le ministère des Transports

Le gouvernement du Québec n'a toujours pas mis un terme au contrat de Roxboro, l'entreprise responsable du déneigement sur l'autoroute 13 – où quelque 300 automobilistes sont demeurés immobilisés 12 heures dans la neige, le mois dernier.

Un texte de Jean-Philippe Robillard

Dans les jours qui ont suivi la tempête de neige, le ministre des Transports, Laurent Lessard, avait pourtant indiqué son intention de mettre un terme au contrat.

Mais un mois et demi plus tard, rien n'a changé. En date du 20 avril, Roxboro était encore sous contrat avec le ministère des Transports. Au bureau du ministre Lessard, on affirme toujours attendre la conclusion de l'enquête interne avant de confirmer la résiliation de l'entente.

« Une enquête administrative a lieu présentement; nous ne nous prendrons pas de décision sur la résiliation du contrat avant la conclusion de cette enquête », nous indique-t-on.

Il s'agit d'une entente de près d'un million de dollars par année. Il restait une année d'option au contrat.

Des contrats annulés... par les entreprises

Depuis quatre ans, 125 contrats de déneigement ont été annulés. Une trentaine de contrats ont été résiliés par le ministère des Transports parce qu'ils ne répondaient pas aux exigences. Dans 60 % des cas toutefois, ce sont les entreprises elles-mêmes qui ont annulé leur contrat.

C'est le cas du président de la compagnie CSL-Loma, Steve Welch, qui a mis fin à trois contrats totalisant plus de trois millions de dollars dans l'Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue parce qu'il perdait de l'argent.

Selon lui, les « coûts ont explosé ». « C'est sûr qu'au prix qu'on avait soumissionné, on ne peut pas continuer avec ces prix-là. On n'arrive tout simplement pas », affirme M. Welch.

« Si on veut donner le service auquel le ministère s'attend, il faut mettre du sel [...] Il faut être sur le chemin avec nos camions [...] Moi, je ne veux pas qu'il y ait des accidents et qu'on soit tenu responsable », ajoute-t-il.

Le grand patron de CSL-Loma soutient cependant que certaines entreprises de déneigement sous contrat avec le ministère des Transports peuvent aller jusqu'à réduire leurs services pour recouvrer les sommes dépensées.

« [Les entreprises] donnent un petit peu moins de service à ce moment-là. Si tu donnes moins de services, la profitabilité va augmenter. Mais c'est une question de choix », explique-t-il. « Y'en a qui mettent peut-être un peu moins de sel, que les chemins sont moins bien entretenus. On sait que ça existe. »

Selon les données du ministère des Transports, depuis 2013-2014, 419 avis de réprimande ont été envoyés à des entreprises fautives.

Le travail des entreprises de déneigement suscite la grogne des automobilistes. Le nombre de plaintes liées au déneigement reçues par le ministère des Transports a été en forte hausse, l'hiver dernier. Le ministère a reçu 50 % plus de plaintes que la moyenne des 10 dernières années.

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