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Saguenay s’apprête à prendre possession du Carrefour Racine 

La mairesse de Saguenay estime que l'homme d'affaires Paul Boivin a échoué à présenter un plan de relance acceptable du Carrefour Racine et la Ville s'apprête à reprendre possession de l'édifice commercial.

Devant le cercle de presse régional, mardi matin, Josée Néron a été catégorique : Paul Boivin a épuisé toutes les possibilités qui lui avaient été offertes.

« On a analysé le financement et, malheureusement, le financement ne tient pas la route », a-t-elle assuré. « Il y a des clauses qui viennent tout simplement rendre la Ville entièrement responsable du prêt, si jamais il y a défaut de paiement », une disposition tout à fait illégale, assure Mme Néron.

C’est la firme d’avocats Cain Lamarre qui a été chargée de procéder à l’analyse du dossier en vue du transfert de l’immeuble.

Une longue saga

En 2013, l’édifice commercial de la rue Racine, qui loge entre autres le CLSC de Chicoutimi, a été vendu 335 000 $ par Saguenay à l’homme d’affaires Paul Boivin qui, en contrepartie, s’était alors engagé à investir 17 M$ dans un projet d’hôtel-boutique ainsi que dans la réfection du stationnement étagé.

Quelques années plus tard, le projet hôtelier a été abandonné et remplacé par une proposition visant à accueillir divers organismes culturels.

À l’époque, l’Équipe du renouveau démocratique, parti de l’actuelle mairesse de Saguenay, s’était opposée au projet, soutenant plutôt une proposition visant à reloger ces organismes dans l’édifice des Sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, ce qui allait devenir un autre sujet de friction avec le maire de l’époque, Jean Tremblay.

Aujourd’hui aux commandes de la Ville avec le nouveau conseil, Josée Néron est moins catégorique, rappelant que les organismes qui ont besoin de soutien pour loger leurs activités sont nombreux et leurs besoins, variés.

« Vous avez d’autres organismes communautaires qui ont des problématiques quant à leur localisation et quand on en bouge un, ça fait un effet domino », a-t-elle soutenu. « Alors il faut être sûr de bouger les gens à la bonne place et de considérer la grandeur des locaux, les accès, etc. »

Réaction des propriétaires

Le fils de l’homme d’affaires Paul Boivin, Simon Boivin, qui est aussi actionnaire de l’entreprise, entend bien contester la décision de la Ville.

« Ça va aller devant les tribunaux, à moins qu’ils nous fassent des propositions intéressantes », a-t-il précisé en entrevue.

Il assure que tout était prêt afin de lancer les travaux devant mener à l’accueil des différentes écoles et organismes communautaires et culturels au Carrefour Racine.

« On était prêts à faire le projet. On a le financement en main, les prêteurs étaient prêts. Le problème c’est le changement d’administration à la Ville. Dans le fond, ils n’ont plus l’intention de signer de bail », estime Simon Boivin qui ajoute que rien dans le plan soumis par l'entreprise ne rend la Ville responsable en cas de défaut de paiement, comme l'a affirmé Josée Néron.

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