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Santé, éducation, francophonie : les mesures du budget 2017

Le titre du budget 2017 « Pour un Ontario fort et en santé » ne laisse pas de place au doute : plusieurs des principales mesures de la prochaine année fiscale seront prises dans le domaine de la santé. Le gouvernement propose également des investissements en éducation, mais pas de financement pour la création université franco-ontarienne.

Un texte de Sophie Hautcoeur

Mesure phare s’il en est une, le budget de l’Ontario 2017 propose d’étendre l’assurance médicaments aux enfants et aux jeunes de 24 ans et moins.

L’Assurance-santé Plus entrera en vigueur le 1er janvier 2018 et sera la première du genre au Canada. Elle devrait coûter environ 465 millions de dollars par an.

Le programme fonctionnera comme une visite chez le médecin. Les jeunes patients n’auront pas besoin d’avancer d’argent et pourront simplement recevoir les médicaments prescrits par un médecin gratuitement sur présentation de leur carte santé.

« Trop de jeunes commencent à contrat et n’ont pas ce genre d’avantages sociaux », a affirmé le ministre des Finances Charles Sousa en ajoutant que la province fait pression sur le gouvernement fédéral pour la mise en place d’un système universel d’assurance médicaments.

Sur les plates-bandes du NPD

Cette nouvelle mesure est présentée par les libéraux alors que le Nouveau Parti démocratique (NPD) a annoncé samedi que la proposition phare de son programme pour la prochaine élection provinciale dans un peu plus d’un an sera la création d’une assurance médicament universelle en Ontario.

D’ailleurs, le programme libéral ne va pas assez loin pour le NPD qui estime qu’un tiers des travailleurs de la province n’ont pas actuellement pas de couverture pour leurs médicaments. « Ils vont devoir attendre un changement de gouvernement », a dit la chef du parti, Andrea Horwath.

Selon la politologue, Geneviève Tellier, avec cette mesure, le gouvernement libéral marche clairement sur les plates-bandes du NPD.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Patrick Brown, a remis en cause l’universalité du programme estimant que les plus riches n’ont pas besoin que leurs médicaments soient couverts par la province.

« Bien sûr, tout le monde veut une meilleure couverture pour les médicaments, a-t-il affirmé, mais je veux être sûr que cet argent ira aux personnes qui en ont vraiment besoin. »

Réduire les temps d’attente

En tout, le gouvernement compte investir 7 milliards de dollars supplémentaires sur trois ans en santé.

Cet investissement additionnel inclut 1,3 milliard pour notamment permettre de réduire les temps d’attente et d’élargir les services à domicile et en milieu communautaire.

« Afin d’élargir l’accès des patients aux soins, nous investirons 518 millions de dollars supplémentaires en 2017‐2018 dans les hôpitaux, ce qui représente une augmentation de 3 % dans le secteur », est-il indiqué dans le budget.

Le gouvernement propose également d’ajouter 9 milliards de dollars sur 10 ans pour la construction d’établissements de santé.

Ces nouveaux investissements devraient réjouir la Coalition de la santé de l’Ontario qui déplore que les hôpitaux fassent face à des compressions budgétaires depuis 9 ans.

Stratégie en matière de démence

Plus de 100 millions de dollars seront alloués à une nouvelle stratégie provinciale en matière de démence. « Elle inclura du financement pour que des programmes communautaires soient offerts dans l’ensemble de la province ainsi que d’autres investissements pour améliorer l’accès aux soins, à l’information et au soutien après qu’un diagnostic a été posé », indique la province dans un communiqué.

La province veut créer 40 centres pour les personnes âgées et augmente aussi le financement de fonctionnement pour les centres de soins de longue durée.

Hausse de la taxe sur le tabac

Dès minuit le 28 avril, la taxe sur le tabac doit augmenter en passant de 15,475 à 16,475 cents par cigarette. Elle augmentera ensuite de 2 cents chaque année.

D’ici trois ans, l’augmentation de la taxe sur le tabac représentera 10 $ par cartouche de 200 cigarettes.

« Le gouvernement est conscient que les politiques de lutte contre le tabagisme peuvent être contrecarrées par la vente de tabac non réglementé et prendra d’autres mesures pour remédier à ce problème », est-il précisé dans le budget provincial.

Bonification des indemnités de transport

La province bonifie son Programme de subventions aux résidents du Nord pour frais de transport de 10 millions de dollars.

Il s’agit surtout d’augmenter l’allocation logement qui permettra de rembourser plus d’une nuit d’hébergement pour les patients qui ne peuvent pas recevoir les soins nécessaires dans un rayon de 100 km de leur domicile.

Pas de financement pour une université franco-ontarienne

« Afin que plus d’élèves puissent poursuivre des études postsecondaires en français, nous avons demandé à des experts de la communauté francophone de nous conseiller sur la planification d’une nouvelle université de langue française. »

Si le ministre des Finances, Charles Sousa a mentionné le projet d’une université franco-ontarienne dans son exposé budgétaire, il n’a cependant annoncé aucun financement dédié comme l’espérait l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

La province a mis sur pied un Conseil de planification pour une université de langue française l’an dernier qui devra fournir des recommandations.

Moins d’argent que demandé pour la Place des arts

L’Assemblée de la francophonie espérait aussi que la Place des arts à Sudbury reçoive une subvention de 8,25 millions de dollars.

La province n’accorderait finalement que 3,25 millions de dollars pour projet de centre artistique francophone.

Plus d’aide aux étudiants

À l’automne, la province compte lancer un nouveau Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO).

Il devrait permettre de simplifier le système en remplaçant plusieurs bourses et subventions existantes.

Le salaire minimum qu’une personne devra gagner pour commencer à rembourser la portion provinciale du prêt passera aussi de 25 000$ à 35 000 $ en 2018.

Le gouvernement croit que les changements apportés au programme rendront les droits de scolarité gratuits pour 210 000 étudiants.

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