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Sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic : les citoyens attendent plus que des promesses

Alors que se déroule la plus longue campagne électorale de l'histoire du Canada, plusieurs citoyens de Lac-Mégantic se disent déjà désabusés par les promesses faites par les différents partis fédéraux en matière de sécurité ferroviaire. La confiance des électeurs de Mégantic-L'Érable par rapport à leurs élus n'a jamais été aussi basse.

Un texte de Mélissa Fauteux

Plus de deux ans après la tragédie qui a coûté la vie à 47 personnes au centre-ville de Lac-Mégantic, les gens sont nombreux à se sentir oubliés et manipulés par Ottawa. C'est le cas de Gilles Fluet qui, le 6 juillet 2013, a failli périr dans l'explosion impliquant 72 wagons remplis de pétrole brut léger. « Je venais tout juste de quitter le Musi-Café lorsqu'en traversant la voie ferrée, j'ai entendu du bruit derrière moi. C'est le train qui venait de passer à moins de 2 mètres. J'ai à peine eu le temps de courir jusqu'au coin de la rue et c'est à ce moment que tout a explosé. »

Plusieurs mois se sont écoulés depuis les événements, mais les blessures sont encore vives. « Je fais encore des cauchemars, j'ai le sommeil agité. Ce n'est souvent qu'à force d'épuisement que je trouve le sommeil. Ici, tous les jours, c'est la tragédie pour la population en général. » Ce témoignage ressemble à celui de plusieurs autres à Lac-Mégantic. Les citoyens sont nombreux à craindre pour leur sécurité.

Et ce, même si depuis le 6 juillet 2013, le gouvernement de Stephen Harper a resserré les normes en matière de sécurité ferroviaire. En plus d'interdire, par exemple, la monoconduite sur les trains de marchandises dangereuses, il a imposé des règles de sécurité et d'entretien plus sévères aux compagnies ferroviaires.

L'état des rails fait toujours craindre le pire

Malgré de telles mesures, le porte-parole du comité Sécu-Rail, André Lachapelle, juge que l'état de la voie ferrée à Lac-Mégantic est toujours lamentable. « On a photographié des endroits où le train passe dans la boue parce que la voie ferrée s'écrase en dessous, et ce, probablement parce que le sol a été mal compacté. J'ai envoyé des photos à notre député Christian Paradis, qui est aussi ministre du Développement international et de la Francophonie au Parti conservateur. J'ai demandé des explications et une rencontre avec lui, mais en vain », déplore-t-il.

En pleine campagne électorale, le candidat conservateur et ex-maire de Thetford Mines entend les critiques d'André Lachappelle et des autres citoyens envers son parti.
Il tente de les rassurer en leur rappelant qu'Ottawa et Québec ont investi de l'argent afin de réaliser une étude de faisabilité d'une voie de contournement ferroviaire.

Le Parti conservateur a aussi promis d'augmenter le nombre d'inspecteurs ferroviaires, estimés présentement à 105, soit un inspecteur par 450 km de voie ferrée. « Je pense que toutes ces mesures-là doivent être accélérées. Il faut effectivement redonner confiance aux gens. Ce n'est pas une tragédie comme les autres qui s'est déroulée à Lac-Mégantic et ce facteur doit être considéré », soutient M. Lachapelle.

C'est aussi ce que croit le candidat libéral de la circonscription, David Berthiaume. Il estime que les normes doivent être resserrées auprès des compagnies ferroviaires. « Les compagnies ferroviaires doivent être soumises à des audits de sécurité. Il doit y avoir une reddition de compte plus serrée. »

De son côté, le NPD veut rétablir la confiance des électeurs. Pour son candidat dans Mégantic-L'Érable, Jean-François Delisle, le tout doit passer par la construction d'une voie de contournement. « Actuellement, les gens s'attendent à des gestes concrets, des promesses concrètes. On se doit de leur proposer des mesures réalistes qui vont donner des résultats », dit-il.

Le Bloc québécois promet de militer, entre autres, pour mettre fin à l'autoréglementation des compagnies ferroviaires, qui fait en sorte qu'elles décident elles-mêmes des règles qui s'appliquent à elles.

Au-delà des promesses, un retour à une vie normale

Comme plusieurs, Gilles Fluet n'attend pas beaucoup de cette présente campagne électorale. La seule chose qu'il souhaite, c'est de retrouver un semblant de vie normale. « Présentement, la population en général n'a plus confiance en personne. On tend l'oreille aux promesses électorales, mais y aura-t-il réellement des améliorations? Chose certaine, il faut du changement. La démocratie doit être rétablie, tout comme la transparence et la confiance. Ça, c'est la pilule numéro un qui va guérir la population. »

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