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Services en français : le commissaire Boileau critique le processus de désignation

Le commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, demande au gouvernement de moderniser les règles entourant le processus de désignation des organismes dans l'espoir d'offrir plus de services en français dans la province et de meilleure qualité.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Dans un rapport spécial publié mercredi, le commissaire n'est pas tendre quant à l'état actuel du processus de désignation.

François Boileau déplore que le processus actuellement en place soit trop lourd, trop opaque, trop long et qu'il n'offre que très peu d'avantages aux organismes qui veulent obtenir une désignation.

Pourtant, le processus de désignation est un élément clé pour les francophones de l'Ontario, selon M. Boileau.

C'est une façon d'annoncer au public « que ce service est disponible, important, nécessaire et protégé », dit-il.

Lacunes et pistes de solutions pour y remédier

Le commissaire déplore que le processus de désignation soit peu valorisé actuellement, ce qui dissuade les organismes d'entamer le processus. Trop d'efforts, de travail, de responsabilités et peu de reconnaissance.

Les critères pour obtenir la désignation sont souvent trop difficiles à satisfaire selon lui et ne tiennent pas compte par exemple de la difficulté de recruter du personnel qualifié et francophone.

En ce moment, il n'existe pas d'échéancier pour obtenir sa désignation.

Dans certains cas, plus de deux ans peuvent être nécessaires, ce qui est inacceptable aux yeux du Commissariat aux services en français. À cela s'ajoutent la complexité du processus et le nombre d'acteurs impliqués dans le processus.

Devant ces lacunes, François Boileau recommande de changer le paradigme pour en faire un accomplissement dont les organismes peuvent être fiers. Il souhaite que les critères soient réévalués, de même que l'échéancier.

M. Boileau souhaite également qu'un portail Internet soit mis sur pied pour permettre aux organismes candidats de suivre l'évolution de leur demande, que les rôles soient mieux définis et qu'un guide sur le processus de désignation soit élaboré pour mieux encadrer le processus.

Il demande aussi que les organismes soient mieux accompagnés pour parcourir le processus de désignation et qu'ils soient évalués annuellement.

Et la position du gouvernement?

Radio-Canada a appris que le gouvernement entendait mettre sur pied un projet pilote pour élaborer de nouvelles catégories de désignation, pour informatiser le processus et s'assurer qu'il y ait une meilleure imputabilité.

La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, annoncera dans les prochains jours qu'elle veut clarifier les rôles des acteurs gouvernementaux qui prennent part au processus de désignation.

Elle souhaite aussi que le processus soit plus rapide de sorte qu'il ne faudrait pas plus de 9 mois entre le moment où la demande de désignation est déposée et le moment où elle est officialisée.

Le gouvernement songe également à valoriser le processus en ajoutant un volet aux Prix de la francophonie pour célébrer les désignations.

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