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Services en français : plus de plaintes, mais aussi plus de services

Le recrutement et la rétention d'employés bilingues restent un défi pour le gouvernement du Manitoba, selon un rapport annuel. Même si le nombre de fonctionnaires capables d'offrir des services en français augmente d'année en année, les postes désignés bilingues ne sont pas tous pourvus.

Un texte de Camille Gris Roy

Dans son rapport 2015-2016 sur les services en langue française, le Secrétariat aux affaires francophones du Manitoba évalue à 1169 sa « capacité bilingue », c'est-à-dire le nombre de fonctionnaires - dans les ministères, les sociétés d’État et autres bureaux provinciaux - qui sont capables de fournir des services en français, peu importe la désignation officielle de leur poste.

Cela représente une augmentation de 49 postes par rapport à l’année précédente.

Le rapport indique que de nombreuses instances provinciales ont fait des efforts de recensement pour identifier des employés bilingues qui n’occupent pas un poste désigné bilingue, mais qui seraient prêts à offrir des services en français. C’est ce qui explique cette hausse.

Pour ce qui est des postes désignés bilingues spécifiquement, 80,4 % de ces 708 emplois sont occupés par des titulaires bilingues - un pourcentage qui se maintient par rapport à l’année précédente (79,5 %).

Il y a en fait davantage d’employés bilingues dans des postes non bilingues que dans des postes bilingues, selon le rapport.

Le rapport souligne que « dans plusieurs instances, on indique que le recrutement et la rétention d’employés bilingues représentent des défis continus, surtout en ce qui concerne les postes spécialisés ».

La ministre responsable des Affaires francophones du Manitoba, Rochelle Squires, dit être consciente de ces défis. Elle note qu’elle va travailler, avec le Secrétariat, à consulter les ministères pour voir comment répondre à leurs besoins en ressources humaines.

Alors qu’on est en train de travailler pour l’épanouissement de la francophonie dans notre province, ça signifie aussi renforcer la francophonie dans tous nos ministères au gouvernement.

Rochelle Squires, ministre responsable des Affaires francophones

Par ailleurs, dans les quatre Offices régionaux de la santé qui sont tenus d'offrir des services en français, seulement un peu plus de la moitié (55,2 %) des 1490 postes désignés bilingues sont effectivement occupés par des personnes bilingues.

Des centres de services bilingues populaires

Le nombre de demandes de services traitées dans les six centres de services bilingues (CSB) de la province a presque triplé : en 2015-2016 ces centres ont répondu à 223 633 demandes selon le rapport, contre 82 996 l’année précédente.

La fréquentation du site web des CSB a aussi continué à augmenter : 36 242 consultations du site, soit une moyenne de 99 par jour.

La ministre Squires considère que ces résultats sont très encourageants. Elle rappelle que c’est aussi un des objectifs de la loi 5 sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine : continuer à renforcer ces types de services.

Record de plaintes

Dans ce rapport, le Secrétariat confirme aussi avoir répondu à 31 plaintes du public, un nombre record. Ces plaintes concernaient notamment : l’absence d’offre active en personne et au téléphone; l’indisponibilité du personnel bilingue; et le manque de documents en français sous forme imprimée ou électronique.

La plupart de ces plaintes visaient des ministères du gouvernement.

À noter que pour l’année en cours, le Secrétariat aux affaires francophones a déjà reçu 25 plaintes relatives aux services en français depuis le 1er avril 2016 - dont huit depuis le 16 janvier 2017 concernant la fermeture de la clinique express bilingue à Saint-Boniface, selon ce qu’une porte-parole du gouvernement a confirmé lundi à Radio-Canada.

Cours de français

Enfin on note aussi une baisse des inscriptions à des cours de français pour les employés du gouvernement : 130, comparativement à 163 l’année précédente. Cela comprend les cours de soir et de fin de semaine.

Dans une déclaration écrite, le Secrétariat précise que ces chiffres fluctuent toujours d’année en année. « C’est dans la nature des choses. Les étudiants suivent des cours pour quelque temps et prennent une pause pour ensuite revenir (parfois) quelques mois ou années plus tard [...]. Certaines années il y a plusieurs ministres/sous-ministres/députés qui prennent du tutorat, d’autres années aucun », explique une porte-parole.

La ministre Rochelle Squires, pour sa part, dit qu’elle encourage tous ses collègues à s’inscrire à des cours de français, comme elle. « Aujourd’hui je parle un peu le français, je pratique huit heures par semaine et le soir je prends des cours de français à l’Université de Saint-Boniface », note-t-elle en français.

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