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Sommet du G7 : les sherpas, des travailleurs de l’ombre au rôle important

Les sherpas, ces représentants des chefs d'État et de gouvernement, ont un rôle important à jouer dans le cadre du Sommet du G7 qui se tiendra à La Malbaie cette semaine. Ils ont travaillé sans relâche dans les derniers mois afin d'assurer le succès de la rencontre. En entrevue à l'émission Première heure, Claude Laverdure, ancien diplomate canadien et sherpa sous Jean Chrétien, répond à quelques questions sur le rôle des sherpas et le déroulement du Sommet.

Que font les sherpas avant la tenue du Sommet?

« Ils ont travaillé énormément dans la discrétion, ils sont devenus la plupart du temps de très bons amis parce qu’ils bûchent très fort sur les mêmes sujets. En même temps, ils sont vraiment les représentants personnels de tous ces chefs d’État et de gouvernement et je dois dire qu’on a l’habitude de défendre avec vigueur nos chefs pour faire avancer nos idées », affirme M. Laverdure.

Les sherpas, précise-t-il, assurent un dialogue permanent avec leurs homologues des pays membres du G7 sur les enjeux mis de l'avant lors du Sommet. Ils ouvrent en quelque sorte le chemin pour leur chef d'État.

Quel est le rôle du sherpa dans l’ordre du jour?

« Le sherpa du pays hôte a définitivement un rôle encore plus important. C’est lui qui doit, dès la première rencontre qu’il préside en tant que sherpa, essayer de convaincre ses collègues du bien-fondé des thèmes que propose le premier ministre du Canada. »

L’égalité des sexes, investir dans la croissance économique et se préparer à l’emploi de l’avenir, notamment, ont été choisis par le Canada pour ce sommet du G7. Le sherpa devra faire valoir ces thèmes auprès des autres sherpas chargés de préparer leurs chefs d’État.

« Il faut savoir vendre ses sujets, être conciliant, inclure dans nos projets quelques idées de nos consoeurs, confrères, car il ne faut jamais oublier que dans quelques mois, vous allez passer le bâton à un autre sherpa », explique M. Laverdure.

Comment se préparent les journées de rencontre du Sommet?

« On prépare les chefs d’État et chefs de gouvernement comme si c’était une réunion qui va durer plusieurs jours et pendant laquelle tous les sujets qu’on a proposés durant la dernière année seront abordés. Ça ne veut pas dire qu’on consacre le même temps à chaque sujet. Il faut voir aussi quelle sera la réaction de chacun de participants, il n’y a pas de minuterie. […] On sait que certains sujets tiennent à cœur à certains des participants donc on essaie de réunir devant nos chefs d’État et de gouvernement tous les éléments qui leur permettront d’intervenir tout en mettant l’accent sur les objectifs du Canada ».

Les sherpas ont pour mandat de bien résumer chacun des thèmes pour leurs chefs d’État. Ces derniers pourront intervenir sur un sujet pour lequel ils ont davantage d’affinité, ajoute M. Laverdure.

Comment se déroulent ces rencontres?

« C’est intime d’une certaine façon. Il y a des milliers de personnes qui nous observent, mais autour de la table, on est un très petit nombre et les gens se connaissent relativement bien. Ils ont déjà abordé certains sujets parfois dans des conversations privées et il n’y aura pas d’annonce éclatante à savoir par exemple qu’on ne savait pas que les Japonais pensaient de telle ou telle façon. »

Le soir, les chefs d’État sont réunis lors d’un dîner informel, sans ordre du jour. C’est durant ces repas ou les pauses café que peuvent avancer certaines discussions.

« Ce sont les conversations en marchant dans les couloirs de l’hôtel ou dans les jardins où, s’il y a un problème autour de la table, on essaie de les régler en douceur avec ou sans la présence des sherpas qui eux, planchent sur les derniers points qui peuvent paraître difficiles à gérer. »

Pourra-t-on mesurer concrètement le succès d’un tel sommet?

« Je pense que c’est au cours des mois et des années qui viennent qu’on voit si oui ou non le Sommet de La Malbaie aura marqué l’histoire de la politique internationale. Est-ce qu’il y a un sujet qui ressortira? Est-ce qu’on pourra dire : c’est à La Malbaie qu’on s’est finalement entendus sur telle et telle question internationale sur les faits durant la semaine? Ce n’est pas nécessairement évident qu’on aura fait la révolution. »

La rencontre du G7 qui se tiendra les 8 et 9 juin à La Malbaie est présidée cette année par le Canada. C’est le sherpa Peter Boehm qui a préparé le terrain pour le premier ministre Justin Trudeau lors de cette rencontre.

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