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Sonia LeBel à la CAQ pour défendre l'héritage de la commission Charbonneau

C'est pour s'assurer que le travail accompli lors de la commission Charbonneau « ne tombe pas dans l'oubli » que son ex-procureure en chef, Sonia LeBel, a accepté de devenir chef de cabinet adjointe du chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Un texte de François Messier

« C'est ça qui motive ma décision. C’est la raison pour laquelle, après mûre réflexion, j’ai décidé de me rapprocher de la politique, ce qui, effectivement, n’est pas nécessairement naturel pour moi », a expliqué Mme LeBel, mardi matin, lors d'une conférence de presse tenue à Montréal, aux côtés de son nouveau patron.

C’est important que le travail que nous avons accompli ne tombe pas dans l’oubli, que la poussière ne retombe pas sur cette page de notre histoire. [...] Je pense que c’est la bonne façon pour moi de continuer à contribuer à cette lutte contre la corruption qui a été amorcée il y a quelques années.

Sonia LeBel

M. Legault a expliqué d'entrée de jeu qu'il a confié à Sonia LeBel le mandat de faire des propositions pour mieux lutter contre la corruption au Québec. Ces propositions seront rendues publiques « au fur et à mesure » qu'elle les soumettra, et elles seront « au cœur » de la plateforme électorale du parti lors de l'élection de 2018.

« L’arrivée de Sonia LeBel envoie un signal très fort », a affirmé M. Legault, qui a vanté l'expérience, la compétence et le « grand sens de l'engagement » de sa nouvelle recrue. « La CAQ souhaite que le Québec soit perçu et soit réellement un endroit ou l’intégrité est une priorité [et] où les citoyens reprennent confiance dans leurs institutions. »

Candidate en 2018?

Avant même que les journalistes posent des questions à ce sujet, Mme LeBel a tenu à couper court aux spéculations quant à la possibilité qu'elle brigue les suffrages lors du prochain scrutin provincial.

« Je ne me présente pas comme candidate ce matin et il est beaucoup trop tôt pour moi à ce stade-ci pour prendre une telle décision », a-t-elle dit. « Je veux me concentrer sur le mandat qu'on m'a confié, et qui est quand même important. »

« Évidemment, c'est un souhait que j'ai, et elle ne l'exclut pas, mais il est trop tôt pour répondre à cette question », a dit pour sa part François Legault, en soulignant qu'il reste 19 mois avant les prochaines élections.

Je suis heureux de compter sur Mme LeBel à court terme dans l’opposition, et si les Québécois nous font confiance l'année prochaine, j’espère pouvoir compter sur elle, ses compétences, son expertise, dans un gouvernement de la CAQ.

François Legault

Membre du Barreau depuis 1991, Mme LeBel était jusqu'à aujourd'hui procureure du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Elle s'y est particulièrement spécialisée dans les infractions reliées aux stupéfiants et au crime organisé. Cette expérience explique sa nomination à la commission Charbonneau, dont elle a été procureure en chef à partir de novembre 2012.

Elle s'y est notamment distinguée par ses interrogatoires des entrepreneurs Tony Accurso et Nicolo Milioto, de l'ex-président du Conseil exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, du secrétaire général de la FTQ, Michel Arsenault.

Pas de secret de la commission pour la CAQ

Évoquant le serment qu'elle a prêté devant la commission Charbonneau, et son serment déontologique de garder le secret professionnel, Sonia LeBel a refusé net de répondre aux questions portant sur les travaux et le rapport de la commission Charbonneau.

Lorsqu'un journaliste lui a demandé si elle dirait que le Parti libéral était ou est toujours un parti corrompu, elle a rétorqué : « C’est sûr que je ne porterai pas un jugement de valeur. De toute façon, le travail a été fait par les commissaires, et ce qui avait à être évalué a été établi dans le rapport de la commission. »

L'avocate s'est également murée dans le silence lorsqu'on l'a interrogée sur la dissension entre les commissaires France Charbonneau et Renaud Lachance qui a été étalé au grand jour dans le rapport de la commission. « Je ne répondrai pas », a-t-elle répondu. « C’est leur choix d’avoir émis des portions de rapport différentes sur certains sujets, et je pense que ce n’est pas à moi de le commenter. »

Selon Sonia LeBel, il a d'ailleurs été « très clair » dès le début des conversations qu'elle a eues avec François Legault qu'elle « n'a pas l'intention de révéler quoi que ce soit à qui que ce soit » au sujet des travaux de la commission.

Je suis désolé d’apprendre [aux membres de] la CAQ que, s’ils pensent qu’ils vont apprendre quelque chose de ma part, ils vont être amèrement déçus.

Sonia LeBel

« Le jour où [tout un chacun commence] à penser qu’on a réglé le problème de la corruption au Québec, que ça n’existe pas, et qu’on a trouvé la solution miracle, c’est le jour où l’espace se crée pour que ça recommence », a cependant souligné l'ex-procureure en chef de la commission. « Alors il faut toujours en parler et toujours être vigilant. »

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