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SPVM : il fallait agir vite, dit le maire Coderre

Le maire de Montréal estime que le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, a pris la bonne décision en confiant à la Sûreté du Québec (SQ) l'enquête sur les allégations d'ex-hauts gradés du SPVM, et que le ministre de la Sécurité publique du Québec a raison de ne pas la confier au Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).

« Il faut envoyer comme message qu’on n’a pas attendu, qu’il n’y a pas de game qui se joue », a déclaré Denis Coderre en point de presse.

Dans le cadre de l’émission J.E., diffusée mardi soir au réseau TVA, Jimmy Cacchione et Giovanni Di Feo ont soutenu que la division des affaires internes du SPVM avait fabriqué des éléments de preuve à leur sujet pour les faire taire, au moment où ils allaient révéler des cas de corruption au sein du SPVM. La carrière des deux hommes a pris fin abruptement en juin 2013, dans la foulée de cette intervention des enquêtes internes.

Le policier Roger Larivière, aujourd'hui retraité, allègue de son côté avoir été pris en filature par des enquêteurs du même département, alors qu'il s'apprêtait à faire des révélations le concernant.

Le maire Coderre estime qu’il s’agit là de « faits troublants, des faits très sérieux qui demandaient une réaction immédiate ».

« Mon premier réflexe, c’était le Bureau d’enquêtes indépendantes », a admis le maire, tout en reconnaissant qu’une telle affaire n’est pas dans le mandat premier de l’organisme. « Le but [du BEI], ce n’est pas au niveau des agissements à l’intérieur d’un corps de police, c’est s’il y avait eu une situation entre un citoyen et le corps de police », a expliqué Denis Coderre.

« Libre au directeur général de la Sûreté du Québec de s’associer à un groupe pour faire l’enquête », a ajouté le maire Coderre.

Au bout de la ligne, il y a aussi une question de confiance dans l’institution.

Le maire Denis Coderre

Quant au directeur du SPVM, le maire croit qu’il a fait preuve de leadership face à des événements qui se seraient déroulés avant son arrivée à la tête du service de police. « Il a tout mon appui », a déclaré M. Coderre au sujet de Philippe Pichet.

Le maire souhaite maintenant qu’on laisse les enquêteurs de la SQ en arriver à leurs conclusions. « À la lumière de ça, s’il faut faire le ménage, qu’on le fasse », lance-t-il.

Projet Montréal et le syndicat des policiers en veulent plus

Le parti Projet Montréal exige une réunion d’urgence de la Commission de la sécurité publique (CSP) pour que le directeur Pichet et les hauts gradés à l’origine des allégations y soient entendus.

Le vice-président de la CSP, Alex Norris, réclame que le rapport sur ces éventuelles audiences, qui se déroulent pour la plupart à huis clos, soit cette fois rendu public pour rétablir la confiance de la population envers le SPVM. « Il y a un lien direct entre la culture du secret qui règne au SPVM et qui entoure les rencontres de la Commission de la sécurité publique et les allégations qui fusent de toutes parts depuis trop longtemps », affirme-t-il dans le communiqué de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville.

Pour sa part, la Fraternité des policiers et policières de Montréal, dans un communiqué, appelle le ministre Martin Coiteux à « prendre les moyens d’un profond redressement du SPVM », selon les mots employés par le vice-président exécutif du syndicat, André Gendron.

Pour la Fraternité, « la réouverture par la SQ de quelques enquêtes annoncées par le directeur Pichet sera insuffisante ». « On ne laissera personne tenter de restreindre la vue sur la forêt en pointant quelques arbres », affirme M. Gendron.

Le syndicat des policiers de Montréal martèle depuis plusieurs mois que le processus disciplinaire au SPVM présente un « déficit de crédibilité » et ignore « les règles de justice naturelle », énonce le communiqué de la Fraternité.

Pichet défend sa décision

Le directeur Philippe Pichet continue de défendre sa décision de faire appel à la SQ, même lorsqu'on lui rappelle que plusieurs affaires ont pu ébranler la confiance du public envers le SPVM au cours des dernières années - les taupes Ian Davidson et Benoît Roberge, l'écoute électronique visant le journaliste Patrick Lagacé. Il évoque des méthodes du passé qui sont en voie d'être changées.

« On est en train de changer des méthodes au niveau des enquêtes, on a revu nos quatre centres d’enquête, nos façons de fonctionner, dit-il. Même chose au niveau des enquêtes spécialisées. Présentement, même aux affaires internes, ce processus-là est révisé avec l’arrivée de deux nouveaux cadres. »

L'inspecteur-chef aux enquêtes internes du SPVM, Costa Labos, s'est vu confier de nouvelles responsabilités l'automne dernier, quelques semaines à peine après avoir été blanchi au terme d'une enquête criminelle de la Sûreté du Québec portant sur des allégations qui concernaient le dossier de l'ex-policier Roger Larivière.

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