Après avoir été évincé du gouvernement Trudeau, dans lequel il occupait le poste de ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion met un terme à sa carrière politique.

Rien n’a été encore confirmé quant aux nouvelles fonctions qui lui auraient été proposées, dont celle d’ambassadeur en Europe. M. Dion est en réflexion.

L'ancien directeur des communications de Stéphane Dion, Joe Pickerill, s'est contenté de dire que le principal intéressé avait reçu « une offre d'importance » et qu'il était en réflexion. Celui-ci parlera de ses projets « dans les prochaines semaines ».

Dans une lettre rendue publique au moment de l’assermentation des nouveaux membres du Cabinet, M. Dion ne dit pas grand-chose de ses intentions, si ce n’est « déployer [ses] efforts en dehors de la politique active ».

J’ai aimé la politique, surtout à chaque fois que j’ai pu faire une différence au bénéfice de mes concitoyens. J’en sors plein d’énergie… renouvelable! Mais la politique n’est pas la seule façon de servir son pays. Heureusement!

Stéphane Dion

Sa missive est aussi un retour sur son « aventure formidable » en politique, qui devait pourtant être « une courte parenthèse ». Il a remercié les électeurs qui l'ont élu, mais aussi les premiers ministres libéraux qui lui ont confié différentes responsabilités.

Un hommage de Trudeau, mais pas d'explications

Invité à plusieurs reprises par les journalistes à expliquer les raisons ayant motivé l'éviction de Stéphane Dion, le premier ministre a éludé les questions, mettant plutôt en avant les qualités de son équipe remaniée.

Il a aussi loué la sagesse, l'expérience et le dévouement de son ancien chef de la diplomatie canadienne auquel il dit avoir offert « une occasion importante ».

M. Dion a servi de façon extraordinaire son pays depuis bien des années. Il va continuer de servir son pays. Je lui ai demandé d'entreprendre une tâche extrêmement importante pour moi, et comme c'est tout à fait approprié, il est en train d'y réfléchir.

Le premier ministre Justin Trudeau

Justin Trudeau s'est par ailleurs attardé sur les qualités de sa nouvelle ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui conserve les dossiers commerciaux relatifs aux États-Unis. Il a vanté sa connaissance des dossiers et le fait qu'elle « parle couramment russe ».

L’opposition déçue

Le député conservateur Gérard Deltell déplore qu’un homme « qui a consacré 20 ans de sa vie à la chose publique quitte de façon très sèche avec un communiqué de presse pour le moins sobre ».

Cette éviction, qui n’est « pas digne d’une personne qui a si bien rempli ses fonctions », est une autre preuve du manque de jugement du premier ministre, estime le député de Louis-Saint-Laurent.

Le député néo-démocrate de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, soutient aussi que Justin Trudeau « se ramasse avec une crise politique » avec le départ des ministres Stéphane Dion et John McCallum.

Il se dit aussi préoccupé que Chrystia Freeland cumule les Affaires étrangères et les relations commerciales avec les États-Unis. « Je trouve ça très inquiétant de voir maintenant qu’on associe la diplomatie canadienne avec le commerce, le libre-échange avec les États-Unis », observe M. Boulerice.

Le député néo-démocrate regrette que la diplomatie canadienne n’ait plus un environnementaliste comme porte-parole.

Là, on a M. Trump qui arrive au pouvoir et la réaction du gouvernement Trudeau, c’est de tasser un environnementaliste qui pouvait parler aux Américains, pour mettre quelqu’un qui va d’abord et avant tout parler de commerce. D’un point de vue de plan de développement durable, moi ça m’inquiète énormément.

Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice

Une longue carrière politique

Avant de lancer en politique, Stéphane Dion a été professeur de sciences politiques à l’Université de Moncton en 1984, puis à l’Université de Montréal de 1984 à 1995.

Il a été élu la première fois député de Saint-Laurent-Cartierville en 1996, répondant ainsi à l'invitation du premier ministre de l'époque, Jean Chrétien. Celui-ci le nomme président du Conseil privé et ministre des Affaires intergouvernementales. Stéphane Dion est alors mandaté pour élaborer une stratégie visant à freiner la montée du souverainisme.

Par la suite, il a fait sa marque comme architecte de la loi sur la clarté référendaire, la loi C-20, qui pose les jalons d'une « majorité claire » et d'une « question claire » dans l'éventualité d'un nouveau référendum sur la souveraineté. Cette initiative, favorablement accueillie par les fédéralistes, a été vigoureusement dénoncée par les nationalistes québécois.

Stéphane Dion a une autre grande passion : l’écologie. Il a été ministre de l’Environnement de 2004 à 2005, année pendant laquelle il a présidé la Conférence sur les changements climatiques de Montréal. Le plan adopté à l’issue de cet événement a donné un second souffle au protocole de Kyoto, qui est arrivé à échéance en 2012.

Élu chef du Parti libéral du Canada (PLC) en 2006, il a dû démissionner de cette fonction en décembre 2008.

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