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Stratégie du Bloc québécois : une trentaine de circonscriptions ciblées

Confronté à un contexte politique difficile, le Bloc québécois investira le gros de ses ressources dans une trentaine de circonscriptions. La majorité des cibles prioritaires sont dans l'Est du Québec et dans le 450. 

Un texte de Davide Gentile

« On a présenté notre plan aux gens au début de la campagne, et les gens y ont adhéré. Alors, on ne voit pas pourquoi on dérogerait de ce plan-là », affirme le porte-parole Dominique Vallières. Le Bloc refuse de dire qu'on largue les autres circonscriptions, mais on comprend qu'on vise surtout les anciens châteaux forts.

Est du Québec

Plusieurs sources indiquent que c'est ici qu'un retour massif est le plus envisageable. Ce n'est pas un hasard si Gilles Duceppe y passe beaucoup de temps.

Le Bloc cible Manicouagan et trois circonscriptions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. « Ce sont des comtés qui, on l'espère, vont revenir dans le giron bloquiste », affirme M. Vallières.

Chose étonnante, même dans les anciens châteaux forts du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les ambitions du Bloc sont modestes. Pour l'instant, on cible la circonscription de Jonquière.

Sans baisser les bras dans Chicoutimi-Le Fjord, la circonscription ne fait pas partie de la trentaine priorisée par l'organisation. Et le Bloc semble avoir carrément concédé Lac-Saint-Jean.

Le ministre conservateur Denis Lebel est très connu dans la région. « On n'abandonne pas, mais ce ne sera pas le premier comté à retomber dans notre besace », affirme Dominique Vallières.

Québec : terrain aride pour le Bloc

La région de la Capitale-Nationale reste une terre infertile pour les indépendantistes. On y cible la circonscription de Québec.

Seule autre visée claire : Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d'Orléans-Charlevoix. Toutes les autres circonscriptions de la Rive-Nord semblent hors d'atteinte, Portneuf-Jacques-Cartier aussi.

Le Bloc fonde peu d'espoir au sud de Québec, à Bellechasse et en Beauce. Les ambitions sont aussi modestes en Mauricie et dans le Centre-du-Québec. Bécancour-Nicolet-Saurel, le fief de Louis Plamondon, est priorisée par le Bloc. En Estrie, seule Sherbrooke est ciblée.

Montréal : des espoirs concentrés dans le 450

Toutes les sources consultées par Radio-Canada sont formelles. Le NPD semble s'être véritablement installé dans certaines circonscriptions comme Rosemont-La Petite-Patrie, qui ne fait pas partie des circonscriptions « priorisées ».

« C'est sûr qu'on a ciblé des endroits, affirme Dominique Vallières. La circonscription de Laurier-Sainte-Marie en est un, M. Duceppe l'a représentée pendant 20 ans. »

Hochelaga, La Pointe-de-l'Île et même LaSalle-Émard-Verdun sont ciblées. Mais c'est dans le 450 qu'on semble avoir le plus d'espoirs. Une douzaine de circonscriptions sont visées. Mais même dans les portions de la Rive-Sud qui ont voté oui en 1995, la remontée est très loin d'être acquise. « L'effet NPD reste très fort », confie une source bloquiste.

Ailleurs, le Bloc cible Abitibi-Témiscamingue et Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou. L'ex-député péquiste Luc Ferland y augmenterait les chances de la formation politique.

Le Bloc dit vouloir sillonner l'ensemble de la province. Mais Dominic Vallières reconnaît qu'en fin de campagne, on pourrait prioriser certains endroits. « Je pense au 450, je pense à l'Est, je pense à la Côte-Nord, je pense au Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'argent sera là », pense le Bloc québécois.

Dominique Vallières parle d'une enveloppe comparable à celle de la dernière campagne. « Le Bloc avait déjà un actif et on va faire une campagne dans le même ordre de grandeur... c'est-à-dire entre 3 et 4 millions », explique-t-il.

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