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Surdoses d'opioïdes : les organismes communautaires réclament à Québec de l'argent fédéral

Les groupes communautaires oeuvrant avec les utilisateurs de drogue réclament à Québec les 3,1 millions de dollars accordés par le fédéral à la province pour lutter contre la dépendance aux drogues, et plus particulièrement contre la crise des opioïdes. Ils indiquent que l'argent devait être mis à leur disposition depuis le mois d'août et déplorent qu'il dorme toujours dans les coffres gouvernementaux.

En juin dernier, le gouvernement fédéral a lancé un appel d’offres aux organismes travaillant avec les utilisateurs de drogue de l’ensemble du Canada afin de leur attribuer des fonds. L’argent réservé au Québec a ensuite été donné au ministère de la Santé et des Services sociaux, qui devait en gérer la distribution.

L'Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogues, ainsi que des représentants de Dopamine et de Cactus, deux groupes communautaires de Montréal, demandent maintenant à la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, de mettre l’argent à la disposition des groupes communautaires qui interviennent directement sur le terrain auprès des utilisateurs d’opioïdes.

« Les organismes communautaires locaux qui interviennent directement sur le terrain manquent déjà cruellement de moyens pour mener à bien leur mission au quotidien. Nous demandons donc une réponse rapide qui nous permettra de mettre de l’avant nos compétences de réduction des méfaits », lance de son côté Martin Pagé, de Dopamine.

Selon Mme Vadlamudy, bien que la somme de 3,1 millions de dollars puisse sembler peu de choses pour certains, elle est essentielle à la bonne marche de leurs organismes « qui voient leur financement s’effriter ». Si l’argent n’est pas promptement distribué, des programmes chez Cactus et chez Dopamine sont mis en péril, dit-elle.

Mme Vadlamudy note qu’en plus de permettre la poursuite de leurs actions sur le terrain, les dollars gouvernementaux pourraient aussi donner aux organismes communautaires la possibilité de multiplier leurs initiatives et d’augmenter leur présence auprès de leur clientèle.

Chez Cactus entre autres, on aimerait pouvoir ouvrir avant 14 h, et envoyer sur le terrain plus de travailleurs de rue munis de seringues de naloxone, utilisée pour lutter contre les surdoses de fentanyl et pour neutraliser les effets d'autres drogues de type opioïde comme l'héroïne, la morphine, la codéine et la méthadone.

« À Cactus, c’est plus de 200 personnes par jour qu’on rejoint. Donc, c’est essentiel de non seulement maintenir ce qui est en place, mais aussi de pouvoir développer », soutient Sandhia Vadlamudy.

« 80 % des personnes qui utilisent des drogues par injection utilisent les services du réseau communautaire montréalais. La majorité de ces personnes ne se rendent pas dans le réseau de la santé ou dans le réseau des pharmacies, souvent parce que les services qui sont offerts ne sont pas adaptés à leur réalité et qu’ils reçoivent un accueil qui n’est pas toujours favorable à leur présence », dit-elle.

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