La Ville de Québec a terminé son exercice financier 2017 avec un surplus de 20,6 millions de dollars, et ce, malgré une explosion de ses budgets réservés aux heures supplémentaires et au déneigement.

Un texte de Louis Gagné

L’administration du maire Régis Labeaume a dévoilé lundi son Rapport financier 2017. Le document révèle que les revenus de la municipalité se sont élevés à 1440,7 millions au cours de la dernière année, tandis que les dépenses se sont établies à 1420,1 millions.

Le budget 2017 de la Ville de Québec, adopté en décembre 2016, prévoyait des dépenses de l‘ordre de 1419,4 millions.

Régis Labeaume attribue ce surplus au respect de son cadre financier et à la « rigueur » avec laquelle son équipe gère les fonds publics.

« On est très heureux des résultats. Ça suit exactement le plan de match puis on est très fiers de ça », a réagi le maire en point de presse.

Heures supplémentaires

Des revenus supplémentaires d’intérêts sur placements de 4,8 millions et des économies d’énergie de 3,3 millions ont notamment contribué à l’atteinte de ce surplus.

Ces excédents permettent de compenser différents écarts budgétaires défavorables. À titre d'exemple, la rémunération supplémentaire a coûté 23 millions de dollars en 2017, soit 9,4 millions de plus que ce qui avait été inscrit au budget.

Ce dépassement de l’ordre de 83 % s’explique entre autres par les heures de travail supplémentaires effectuées par les policiers à la suite de l’attentat survenu au Centre culturel islamique de Québec le 29 janvier 2017.

Déneigement

De plus, la fin de la saison hivernale 2017, qui a été marquée par d’importantes précipitations, a entraîné un dépassement du budget de déneigement de 10,1 millions de dollars, soit près de 25 % de plus que le montant de 43,7 millions inscrit au budget..

Le maire affirme que les surplus dégagés au cours des derniers exercices permettent de faire face à ce genre d’imprévus sans avoir à rédiger un bilan financier à l’encre rouge.

Le surplus non affecté dégagé en 2016 a même permis à la Ville de devancer le remboursement du « couloir », une mesure d’allègement fiscale introduite à la suite de la crise financière de 2008.

La municipalité a effectué un paiement final de 23,1 millions, soit 11,9 millions de plus que ce qui était inscrit au budget.

Centre Vidéotron

À noter que le Centre Vidéotron a généré un bénéfice d’exploitation de 1,1 million de dollars, principalement grâce aux redevances sur les billets. C’est plus du double du montant de 500 000 $ qui avait été anticipé.

« On s'aperçoit que la négociation sur le paiement de 4 $ par billet d'entrée, à part [pour les matchs des] Remparts à l'amphithéâtre, a été très payante. Alors honnêtement, au niveau des opérations, ça fait notre affaire », a affirmé Régis Labeaume.

Le bénéfice de 1,1 million exclut toutefois le remboursement du prêt contracté par la Ville de Québec pour la construction de l’amphithéâtre. La municipalité n’a pas l’intention d’inclure ce montant dans les résultats du Centre Vidéotron.

Le maire précise que le prêt est comptabilisé dans la dette, au même titre que n’importe quel autre emprunt contracté pour une infrastructure publique, qu’il s’agisse d’une piscine ou d’une bibliothèque.

« Le coût est toujours connu. La Ville, c'est fait pour ça. La Ville, ça investit puis, ç'a une dette totale », a soutenu Régis Labeaume.

La dette diminue

Le service de la dette brute continue de représenter la plus importante dépense de la municipalité. En 2017, le remboursement du passif de la Ville a coûté 287,2 millions.

Au 31 décembre 2017, la dette nette s’élevait à 1592,3 millions, en baisse de 34,9 millions par rapport à l’année précédente.

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