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Tarifs sur l’aluminium et l’acier : le Canada doit-il imiter l’Europe et répondre aux Américains?

Ottawa va-t-il répondre à l'administration Trump en lui imposant à son tour des tarifs sur certains produits? Le gouvernement Trudeau, qui assure qu'il sera ferme à l'endroit de la Maison-Blanche, demeure vague sur ses intentions. Ses partenaires européens, eux, ont déjà ciblé certains produits américains. Une technique que l'Europe a déjà testée et qui lui a bénéficié.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

En 2002, l’administration Bush a imposé des tarifs sur l’acier. À l’époque, le Canada et le Mexique avaient été exemptés, mais pas l’Europe.

En plus de déposer une plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Union européenne a choisi de menacer à son tour les Américains de tarifs.

Plutôt que l’acier, Bruxelles a ciblé d’autres produits, par exemple les oranges de la Floride. Le but avoué : toucher des régions électoralement importantes aux États-Unis.

Désavoué devant l’OMC, et face aux pressions nationales et internationales, George W. Bush a finalement annoncé la fin de ses tarifs sur l’acier en 2003, évitant une guerre commerciale.

Aujourd’hui, face aux intentions du président Trump, les Européens ont déjà ciblé certains produits qui pourraient faire l’objet de tarifs, comme le Whisky Bourbon produit au Kentucky et les motos de l’entreprise Harley-Davidson, établie au Wisconsin.

Si l’Union européenne met sa menace à exécution, l’effet se fera-t-il sentir? Selon l’économiste Véronique de Rugy, du centre Mercatus, aux États-Unis, ce n’est pas si évident.

« En général, ça compte, mais avec ce président, ce n’est pas clair », affirme-t-elle, ajoutant que Donald Trump sous-estime les coûts d’une guerre commerciale.

Le Canada, un cas différent

Le gouvernement Trudeau, qui assure que sa position est « ferme », reste évasif sur la possibilité de menacer lui aussi les États-Unis de tarifs douaniers.

Dans le contexte de la renégociation difficile de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le Canada se trouve dans une position particulière.

Le Canada a plutôt tendance à avoir recours à des organismes comme l'OMC, selon Richard Ouellet.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a assuré que le Canada ferait connaître ses intentions quand l’administration américaine aurait officiellement rendu public son projet de tarifs.

Malgré les déclarations récentes du président Trump, le gouvernement Trudeau demande toujours d’en être exempté.

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