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Taxe carbone : Jason Kenney veut faire payer uniquement les gros pollueurs

Le chef du Parti conservateur uni (PCU) de l'Alberta propose de limiter la taxe sur le carbone aux entreprises qui polluent le plus. C'est la première fois que Jason Kenney utilise le mot « taxe » lorsqu'il parle d'un système de prix sur les émissions de gaz à effet de serre.

Lundi, dans une entrevue accordée à l’émission Power & Politics sur CBC, le chef du Parti conservateur uni a confirmé son souhait d’imposer les grands pollueurs industriels, mais de ne pas faire payer les consommateurs sur les ventes d'essence, de diesel, de propane et de gaz naturel.

Selon l’économiste Trevor Tome de l’Université de Calgary, les émissions provenant des grosses opérations industrielles ciblées par M. Kenney, comme les centrales électriques et les exploitations de sables bitumineux, représentent environ deux tiers des émissions de carbone de l'Alberta.

Le débat autour des fonds de recherche

Le chef du grand parti de la droite albertaine a également remis au goût du jour l’idée des fonds de recherche financés par la taxe carbone. Un système qui a été instauré en Alberta en 2007 par le gouvernement progressiste-conservateur d’Ed Stelmach avant d’être modifié par l’actuel gouvernement Notley.

Les pollueurs majeurs participent au financement du fonds pour la technologie destinée à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une agence gouvernementale distribue ensuite ces fonds sous forme de subventions à des projets au cas par cas. Les bénéficiaires ont été des municipalités, des universités et des acteurs importants de l'industrie du pétrole et du gaz.

Toutefois, certains experts s’opposent à cette vision. C'est le cas d'Andrew Leach, économiste à l'Université de l'Alberta qui s'est adressé lundi à un comité parlementaire à Ottawa. Selon lui, une taxe sur le carbone appliquée de manière « logique » crée des incitatifs pour réduire des émissions tout en renforçant les exigences des technologies propres.

Dale Beugin, de la Commission de l'écofiscalité du Canada, a fait écho à cette affirmation en disant au comité que la tarification du carbone à grande échelle est plus efficace d'un point de vue économique.

Jason Kenney a également parlé au comité, lundi, soulignant son opposition au projet du gouvernement fédéral d'imposer des taxes sur le carbone aux provinces qui ne respectent pas ses seuils de prix.

Il a promis que, si l'UCP remportait les élections provinciales de 2019, la partie de la taxe sur le carbone de l'Alberta qui s'applique aux consommateurs serait abrogée. Jason Kenney lancerait ensuite une contestation judiciaire sur les prix minimaux du carbone imposés par Ottawa. « Nous verrons le gouvernement fédéral devant les tribunaux », a-t-il ajouté.

La ministre Catherine McKenna déçue

« Il est vraiment regrettable, particulièrement pour nos enfants, que les conservateurs pensent que c'est un sujet qu'ils peuvent exploiter politiquement », a répondu la ministre fédérale de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna.

« Nous continuerons à prendre des mesures pratiques et rentables pour lutter contre les changements climatiques et pour faire croître une économie propre, car, en fin de compte, nous devons le faire pour nos enfants », a-t-elle ajouté.

L'UCP a tenu sa première assemblée générale annuelle au cours du week-end, mais Kenney a déclaré que sa plateforme officielle sur le changement climatique ne sera pas finalisée avant un an.

Selon les informations recueillies par CBC

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