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« Taxe météo » : l’intervention de Brian Gallant critiquée par un expert

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, fait fausse route en bloquant une taxe météo, selon le professeur Jean-Thomas Bernard, de l'Université d'Ottawa. Ce dernier croit qu'il faudra payer tôt ou tard pour réparer les dégâts causés par les changements climatiques.

« Ce serait comme acheter une police d'assurance. On paierait un montant chaque année, puis lorsqu’il y a des événements exceptionnels, on va piger dans ce fonds-là », affirme Jean-Thomas Bernard.

L'économiste conclut qu'une hausse des tarifs d'électricité est inévitable à cause des changements climatiques.

Les conditions météorologiques extrêmes, comme la tempête de pluie verglaçante de janvier 2017, coûtent plus cher à la société Énergie NB. Cette dernière a lancé l'idée d'imposer une nouvelle taxe pour payer les coûts supplémentaires qu'elle doit encaisser.

Mais le premier ministre Gallant a coupé court à cette initiative qui aurait fait augmenter les tarifs de l'électricité à quelques mois des élections provinciales, en septembre. Il a écrit une lettre au PDG d'Énergie NB pour lui dire qu'il ne voulait pas de taxe météo.

« Je ne pense pas que ce soit une très bonne initiative du premier ministre d'envisager qu’effectivement on pourrait envoyer la facture ailleurs. Il n’y a personne qui va se présenter au Nouveau-Brunswick pour ramasser cette facture-là. Donc, il faut que ça soit payé par les clients », estime Jean-Thomas Bernard.

Le premier ministre renvoie donc Énergie NB à ses devoirs. La société provinciale devra trouver une autre façon de prévoir des fonds pour des désastres naturels. Et selon M. Gallant, cela n'a rien à voir avec les prochaines élections générales.

« L'opposition disait que c'était une manoeuvre électoraliste. Bien, aucunement. Je veux dire, c'est très important de protéger les contribuables. On veut faire en sorte que nous sommes en train d'investir dans les priorités des gens du Nouveau-Brunswick, et que nous investissons de façon responsable », affirme le premier ministre Brian Gallant.

« Peut-être que le premier ministre pourra dire : “Écoutez, je vous ai épargné une hausse des tarifs dans l'immédiat”. Mais la facture, elle, ne disparaîtra pas », souligne Jean-Thomas Bernard.

Si une hausse des tarifs est écartée, Énergie NB pourrait devoir emprunter plus d'argent pour réparer son réseau. D'une façon ou d'une autre, ce sont encore les contribuables qui devront payer, sauf que la facture arrivera après les élections de l'automne prochain.

D’après un reportage de Michel Nogue

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